Bienvenue sur la suite du forum à succès Pokémon Aube, Invité. Après l'incroyable assaut de la Team Zodiac, où en sont les choses sur l'île de Maïlys?
 
AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Les brioches, le retour. [Nounours Grincheux][Terminé]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3
AuteurMessage
Bahia/Oliver
Handicapée malchanceuse
avatar

Messages : 186
Date d'inscription : 07/08/2014

Equipe Pokémon
:

MessageSujet: Re: Les brioches, le retour. [Nounours Grincheux][Terminé]   Jeu 4 Sep - 1:45

Une forme élancée s’avança dans le bureau de Joachim, sans bruit. Même le plancher ne faisait pas un son, la chose flottant au-dessus et glissant à sa surface. L’intrus couleur or s’arrêta proche de sa chaise et se pencha tranquillement, observant ce qui se trouvait au sol. Des Pokéballs ? Bingo. Le Kadabra souleva celle qui contenait Bruno, observant celle-ci de plus près. Le barbu allait-il se rendre compte de sa disparition ? Ce n’était pas un problème pour le mercenaire, au contraire. Il fouilla dans son sac en bandoulière et sortit une ball pareille, qu’il déposa au sol, à l’endroit où la pleine se trouvait. Ce n’était pas la première fois qu’il volait une ball, la seule différence est qu’il comptait la ramener après. Le leurre étant en place, Chayton se prépara à se téléporter de nouveau avec son colis, lorsqu’il remarqua les feuilles sur la table. Vérifiant que Joachim était toujours assez loin de la pièce, le Kadabra intrigué s’approcha du paquet de devoirs. Un grand sourire sadique lui étira les lèvres et il attrapa son crayon de correcteur avec ses pouvoirs psychiques, soulevant quelques feuilles sur le paquet qui était non corrigé. Il alla écrire un gros ‘JOACHIM PUE’ dans la marge d’une des copies et remit le tout en place, se retenant de rigoler alors qu’il se téléportait de nouveau. Un élève risquait de se prendre toute une surprise le lendemain matin et le simple fait d’y penser le faisait glousser de plaisir.



-‘ C’est bon. Tu retournes surveiller le camp et Bahia, je t’attends dans deux heures. ‘

-‘ Marché conclu. ‘

Le Kadabra se téléporta de nouveau, laissant Cogneur seul avec l’objet qu’il lui avait demandé de récupérer. Évidemment qu’il savait que Bruno serait incapable de se rendre ici, il avait simplement voulu le prévenir. Il ne pouvait pas s’imaginer le crème percer les murs de sa prison et trouver subitement où se trouvait le Jardin Botanique de Megapagopolis. C’était déjà prévu dans le crâne du chromatique de soutirer au barbu la ball lorsqu’il serait couché, malheureusement il était encore debout et Chayton avait dû attendre qu’il daigne enfin partir de son bureau pour la prendre. Finalement Cogneur avait ce qu’il voulait, ce qui était le plus important. Pensif, le marron hésita avant de libérer son homologue, observant la ball posée dans l’herbe, devant lui. Il se trouvait dans une section de grand jardin, qui possédait une collection de pins impressionnante. Ici il n’y avait pas de caméra de sécurité et il était souvent venu avec Bahia, qui était une grande fan de l’endroit. Il pensa à celle-ci et soupira. Dès que Joachim était parti, elle et Santo s’étaient occupés de la vaisselle et étaient allés s’allonger. Au final ils étaient ceux qui avaient le plus souffert dans la journée, la rousse manquait d’énergie à cause de son problème de spectre et le Brutalibre, pas besoin de demander pourquoi. Il avait saupoudré un peu de somnifère sur la jeune femme, chose qu’il faisait de temps en temps, sachant qu’elle avait beaucoup de mal à dormir depuis la bataille. Elle ne le savait pas et il préférait ne rien dire, sachant qu’elle n’accepterait pas qu’il utilise ses produits sur elle. Seulement il était prêt à passer outre certaines restrictions, pour son bien-être. Aujourd’hui cela l’aidait aussi à ne pas se faire avoir, la jeune femme dormant probablement comme une bûche en ce moment, sans grande chance de se réveiller. C’était mieux ainsi, il ne voulait pas qu’elle sache ce qu’il faisait, pas pour l’instant, en tout cas. Le Blindépique s’était retenu de lui faire un sermon tout de suite, se disant qu’elle avait assez eu de problèmes pour la journée. Il ne fallait pas croire pour autant qu’elle allait se sauver de sa colère, dès demain il allait avoir cette discussion avec elle, fatiguée ou pas fatiguée.

-‘ Hey. ‘

Cogneur était sorti de ses pensées à propos de Bahia et c’était finalement décidé à libérer Bruno, plissant des yeux lorsque l’éclair lumineux apparu. Content de voir apparaitre son homologue, le marron s’appuya contre l’énorme tronc du pin juste derrière, les mains derrière la tête. Il avait volé des cachets à la jeune femme et ses côtes ne lui faisaient plus rien, ce qui faisait du bien. Un sourire étirait ses lèvres, moqueur comme à son habitude. Il laissa le temps à Bruno de comprendre où il était, parlant ensuite d’un ton amusé.

-‘ Bienvenu au jardin botanique. J’ai demandé à Chayton d’aller récupérer ta ball, pendant que Joachim regardait ailleurs. Ça parait pas comme ça, mais on est au milieu de la ville, cet endroit est consacrer uniquement aux plantes. Pas de gardien ici. ‘

Ce qui était une bonne chose en soi. Cogneur cherchait à voir si celui-ci était surpris, le barbu ne l’avait probablement jamais amené ici. S’éloignant le dos de son tronc d’arbre, le Blindépique se pencha vers l’avant, continuant de parler.

-‘ Bon, je t’ai pas fait venir ici pour rien non plus. Moi j’ai envie d’en apprendre plus sur notre culture et toi je te paris que tu as envie d’un peu plus de liberté. Je pourrais… t’emprunter à Joachim de temps en temps la nuit, comme ça on aurait chacun quelque chose à y gagner. ‘

Voilà. Le marron sourit de nouveau, espérant que cela plairait à son homologue. Cogneur n’était pas idiot, il comprenait que son ami devait s’ennuyer de la forêt et qu’il devait passer quand même un bon moment dans sa ball. Ce qu’il lui proposait était une sorte de sortie entre potes, sans que les autres ne le sachent. Ils étaient tous deux gagnants de ce genre de rencontre, à moins que le crème n’ait pas envie de se promener ici. Au final ils n’étaient pas obligés de se balader dans le coin du jardin, le chromatique connaissait d’autres endroits sympathiques… mais bien plus humains.

-‘ Tu en penses quoi ? C’est pas la forêt dense, mais c’est mieux qu’une ball. J’peux te faire visiter si tu veux, je suis venu souvent avec Bahia, mon préféré c’est le jardin alpin. À moins que tu aies envie d’autre chose… je connais un bar de combat pas loin d’ici, mais je crois pas que ça te plaise, haha ! ‘

_________________



Cogneur  *  RubisEl Santo  * Dent Tranchante * Alphonse * Storm
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Berndt Joachim
Soumise de Cogneur
avatar

Messages : 119
Date d'inscription : 07/08/2014

Equipe Pokémon
:

MessageSujet: Re: Les brioches, le retour. [Nounours Grincheux][Terminé]   Ven 5 Sep - 23:23


Joachim revint la mine fatiguée mais apaisée dans son bureau. Cette pause pipi lui avait fait un bien fou et il tirait la tête béate de la personne venant de se soulager. Il ferma la porte de son lieu de travail avant de constater qu'il n'en aurait plus pour longtemps avant de pouvoir partir. Une petite pile dont il estimait le nombre d'élèves à moins de doigts qu'il y a sur une main. Certes, il y avait plusieurs feuilles par personne, mais ça restait une consolation. Une petite demi heure, peut être un peu plus et il pourrait quitter les tracas du travail pour retrouver son lit bien douillet et se reposer de cette journée éprouvante. Il ne prêtait presque plus attention à ce qu'il lisait sur la fin : le sommeil passait avant les copies. Mais ça, c'était avant de littéralement tomber nez à nez avec une magnifique annotation dans une marge. "Joachim Pue" le tout en lettres capitales et dans des couleurs extravagantes. Ce n'était plus le sommeil qui embrumait l'esprit du correcteur mais la colère.

"Mais qu'est ce que..." marmonna-t-il.
Son front rougissait alors qu'il cherchait à trouver le nom de l'élève ayant fait ça. Le manque de respect était une chose intolérable à ses yeux et il avait la ferme résolution de faire passer l'envie de rigoler au petit plaisantin lui ayant réservé ce tour. Il inscrit un formidable "non noté" en haut de la copie et ne prit même pas le temps de la lire.

"Quelle petite salope !" s'écria-t-il.
Nul doute que la jeune femme ayant rendu ce devoir serait extrêmement vexée de voir son travail annulé par la plaisanterie d'un autre. Et une nouvelle fois, ça finirait en shitstorm entre un élève, Joachim et M. Waugh comme pour le cas Lina. Autant dire que les relations de couple étaient rudement mises à l'épreuve par la faculté. Continuant à pester, le doctorant oubliait cette partie future de l'affaire et jubila d'avoir une copie en moins à lire. Il se dépêcha de terminer les autres pour ensuite prendre ses affaires avec un air de satisfaction, laissant la pile corrigée sur son bureau. Il ramassa ses balls à la va vite, ne prêtant même pas attention au faux qui se trouvait dans ses affaires et se précipita vers la sortie. Un coup de clé et il était dehors. A deux heures du matin. Quand les transports en commun sont hors service.

"Mais naaaaaaaaaaaaan..." se lamenta-t-il.
Conscient qu'il devrait finir le trajet à pied, l'homme soupira et se retint de pleurnicher. Exténué, ses nerfs étaient sensible au possible et il en fallait peu pour le détruire psychologiquement. Il regarda à nouveau le bâtiment qu'il venait de quitter, se demandant s'il pouvait passer la nuit ici. Il n'avait clairement pas envie de se taper une demi heure de marche à cette heure et tout les plans B étaient valables. Théobald devait dormir depuis longtemps et il ne voulait surtout pas le réveiller, l'ayant déjà énervé une fois ce soir ci. S'introduisant de nouveau comme un faux ninja dans les locaux, le barbu fonça en direction des locaux des associations, priant que les élèves maladroits aient oublié de fermé la porte et lui donnent accès aux précieux canapés.

Bingo.
Une porte qui baillait. Il entra, posa son sac au sol, retira ses chaussures sales et se laissa tomber comme un sac sur le lit improvisé qu'était le canapé. Ca en ferait une belle surprise aux étudiants quand ils verraient ça. Un beau dossier. Mais ça il n'y avait pas pensé, il dormait.


Grande fut la surprise de Bruno quand il fut sorti de sa stase. Il s'attendait à voir le visage de celui qui l'avait capturé mais à la place, il eut droit à un paysage bucolique baigné par la lune bien que le ciel reste légèrement hâlé par la pollution lumineuse urbaine. Les regards curieux et surpris du Blindépique se posaient sur chaque arbre qui l'entourait comme s'il découvrait l'endroit. Et au milieu de tous ces arbres siégeait Cogneur. Il allait demander comment ça se faisait qu'il soit ici mais il eut sa réponse immédiatement. Le marron avait fait voler sa ball afin de lui offrir un moment de liberté en tête à tête au milieu d'un endroit qu'il n'avait jamais vu. L'égide sylvestre était fébrile. Il n'en revenait pas que son homologue se soit donné tout ce mal pour lui en échange de bagatelles. Il se précipita vers lui, les yeux humides et se plaqua contre lui tout en le prenant dans ses bras.

"Espèce d'imbécile..."
Il se retenait de pleurer, yeux contre la fourrure des pectoraux de l'autre. La liberté était un cadeau auquel le Blindépique ne s'attendait plus. Cela ne fit que renforcer les sentiments de l'ancien gardien envers son libérateur, bien qu'il ne sache pas mettre des mots et des concepts par dessus. Il releva un peu la tête pour regarder Cogneur depuis le bas. Une vue en contreplongée sur son visage qui semblait encore plus robuste sous cet angle.

"C'est la première fois qu'on pense à moi comme ça."
Dans sa vie de gardien, c'était usuellement Bruno qui devait faire de tels cadeaux à ceux qu'il aidait, en leur offrant un foyer sûr, la liberté, la protection et parfois même de la nourriture. Personne excepté la nature n'était la pour s'occuper de lui quand il était malade, personne ne lui offrait d'excursions exotiques lors de ses jours de repos inexistants. Et sa vie ne changea pas avec sa capture. Entretenant de mauvaises relations avec son dresseur, la bête ne sort qu'à l'occasion de ses repas, de sa rééducation, des sorties en forêt et de quelques rares moments où Wynaut le convoque quand Joachim n'est pas la. Et du jour au lendemain, il rencontra l'autre Blindépique qui malgré des relations tendues au départ finit par le libérer de son orbe de capture pour entretenir un moment privé entre eux deux. Ce n'était plus Bruno qui pensait aux autres, mais l'inverse. Se délectant de ces premiers moments, il retourna poser sa tête contre la fourrure douce, chaude et épaisse du marron.

"Tout ce que tu veux... sauf les combats. J'aimerais hum... qu'on reste seuls tous les deux."
Il ne se sentait pas vraiment en position pour poser ses exigences, ayant déjà été gratifié par un cadeau si immense. Il osait néanmoins espérer qu'il serait exaucé. Se promener pour découvrir des nouvelles parcelles de nature, des arbres qu'il n'avait jamais vus auparavant, ajouter des nouvelles fleurs à son catalogue de connaissances le comblait déjà. Si en plus de ça, il pouvait le faire avec le Blindépique qui l'émouvait autant, il serait heureux l'espace d'une soirée. Il relâcha son étreinte, attendant que l'autre ne le guide vers de nouveaux sentiers.

_________________





Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bahia/Oliver
Handicapée malchanceuse
avatar

Messages : 186
Date d'inscription : 07/08/2014

Equipe Pokémon
:

MessageSujet: Re: Les brioches, le retour. [Nounours Grincheux][Terminé]   Sam 6 Sep - 0:54

-‘ Euh … ‘

Oh. OH. Cogneur resta stoïque, les bras dans les airs, surpris que Bruno réagisse de cette façon. Tout à l’heure il avait du mal à simplement dire merci et maintenant il se jetait sur lui… l’émotion du moment, peut-être ? Le chromatique garda un visage neutre, même si le fait d’avoir le crème comme ça collé sur lui était un peu étrange. Bruno avait la tête appuyée contre son torse et avait les bras autour de lui, le marron se décidant finalement à poser les siens contre sa carapace. Sur le coup un signal d’alarme s’était mis à clignoter dans son esprit, mais le Blindépique ne l’écouta pas. Il fut submergé par une sorte de révélation, qui emporta ses pensées bizarres au loin. Son grand côté paternel venait de prendre le dessus, Cogneur ne pouvant s’empêcher de voir son homologue comme une sorte de petit frère un peu maladroit. Mais surtout, il venait de comprendre quelque chose en entendant ses paroles. Bruno était une chose, une arme, la nature se servait de lui pour qu’il protège les autres, mais… qui le protégeait lui ? Était-ce seulement normal qu’il ait du mal avec les sentiments et les relations avec les autres ? C’était toujours aussi stupide aux yeux du chromatique, mais il préférait ne rien dire à ce sujet. Le crème ne pouvait pas retourner à son ancienne vie et Cogneur comprenait finalement ce que ça devait être d’en être complètement écarté, même s’il considérait que ce n’était pas vraiment une vie en soi. Il avait existé pour les autres et à présent, c’était son tour de prendre son identité propre et de vivre pour sa personne. Cela devait être bizarre un peu, comme concept. Enfin, il était content de lui offrir ce moment de liberté. Fier, même. Cogneur avait toujours ce même sentiment lorsqu’il avait l’impression de faire quelque chose de bien, l’altruisme était probablement l’une de ses meilleures qualités. La simple idée de faire une différence dans la vie un peu difficile de son nouvel ami lui plaisait. Bruno ne devait pas souvent être libre, près de Joachim, ce qui était normal en soi, vu comment l’ancien gardien réagissait à son égard.  Le marron soupira et serra un peu le Blindépique plus petit contre lui, se sentant mal à l’aise. Pas à cause de sa proximité cette fois-ci, mais parce qu’il avait envie de détruire sa ball… sans en être capable. La relation que Bahia entretenait avec Joachim risquait de devenir encore plus compliquée si le barbu apprenait qu’il était celui qui avait libéré complètement Bruno. Ce n’était pas son droit et il ravala cette envie, espérant que la ball resterait bien cacher dans sa carapace.

-‘ Hein ? … Ouais ouais, on peut rester ici. ‘

Bruno avait relâché sa prise et Cogneur fit de même, le laissant s’éloigner un peu. Le chromatique réfléchissait encore à la peine et au désarroi qu’avait dû ressentir le crème lorsqu’il avait été capturé. Il croyait que cette sortie n’était qu’un petit plaisir comme cela alors qu’en réalité, c’était beaucoup plus pour son homologue. Il croyait comprendre la raison de son débordement d’émotion et hocha la tête pour lui-même, se relevant tranquillement. Bruno avait souffert et malgré son comportement un peu emmerdeur au début, le Blindépique le plaignait et espérait quelque part que les sorties qu’il lui proposait lui permettraient de se défaire un peu du reste. Content que ses actions aient plus d’impacts que prévu, le chromatique jeta un regard à droite et à gauche, se demandant par où ils pourraient commencés en premier. Il avait à peine accordé de l’attention à la demande de Bruno, se disant qu’il n’avait simplement pas envie de se mélanger a d’autre, surtout pas dans des endroits fréquentés par des humains à cette heure-là. Il avait proposé cette escapade pour lui, au final il suivait ses choix, tant que cela le mettait de bonne humeur.

-‘ Eh bien, allons-y. ‘

Le colosse se mit en marche, le pas toujours aussi lourd. Il fit signe à Bruno et se glissa entre les grands pins, s’approchant de la partie qu’il préférait : le jardin alpin. Il fallut aux deux Blindépiques plusieurs minutes de marche pour y arriver, débouchant sur les petites routes balisées pour les humains. Le Jardin botanique était grand et vide, ce qui faisait bizarre au chromatique. Il avait l’habitude de venir quand cela grouillait d’humains, ceux-ci se baladant avec des appareils photo pour capturer l’instant présent. Marchant au beau milieu de la place, le Blindépique n’avait pas vraiment peur des caméras de sécurité. Ils étaient des Pokémons plantes et plusieurs d’entre eux vivaient ici, les gardiens humains ne viendraient probablement pas les embêter pour cela. Il crut voir du mouvement un peu plus loin, mais n’y fit pas attention, c’était probablement l’un des Pokémons qui s’était établi dans le coin. Le colosse décida de faire un léger détour, pour montrer l’imposante Roseraie à Bruno. Il s’arrêta donc après un moment, la lumière de la ville autour et la lune éclairant un peu l’endroit. Le nombre de rosiers présent était impressionnant, Bahia lui avait dit la dernière fois que la collection du jardin montait à 10 000 spécimens. Ils étaient placés par bosquet de couleur et Cogneur ne voyait pas la fin de la Roseraie de là où il était. Le marron tourna la tête vers Bruno et lui sourit, commençant à marcher entre les différents bosquets de l’endroit.

-‘ Les humains appellent ça une Roseraie, ce sont des haies juste composées de Rosiers. La majorité d’entre eux ne viennent pas d’ici, si tu veux y jeter un coup d’œil. ‘

Juste à côté se trouvait une grande bâtisse, qui servait de serre de collection. Le Blindépique s’en approcha et essaya de voir à l’intérieur. S’il se souvenait bien, la collection d’Orchidées se trouvait dans ce bâtiment. Seulement, bonne chance pour y pénétrer en dehors des heures permises. Certaines plantes là-dedans valaient un bon paquet d’argent, il y avait tout un système de sécurité pour les protéger des voleurs. Cogneur soupira et retourna auprès de Bruno, pointant par-dessus son épaule la grande serre.

-‘ Et ça, c’est une serre. C’est une grande bâtisse où les humains peuvent contrôler le climat à l’intérieur, ça leur permet de cultiver des plantes tropicales, par exemple. J’aimerais bien te montrer les orchidées, mais c’est blindé de sécurité, je pense pas arriver à la forcer sans que les gardiens ne le sachent. Fin y a le jardin aquatique juste à côté et je pense qu’ils ont encore les lanternes, c’est joli à voir. ‘

Il attendit de voir si l’autre Blindépique était prêt à repartir et se mit à marcher, continuant son chemin dans la Roseraie. Au loin ils pouvaient apercevoir de la lumière de toutes les couleurs, des lanternes chinoises ayant été accrochées dans les arbres. Cogneur passa en-dessous et sourit grand en voyant le paysage. Il y avait un grand étang où tombait une cascade aménagée, des lotus couvrant la surface de l’eau. Les fleurs rosâtres ressortaient au-dessus de la masse de feuilles et avec les lumières des lanternes qui flottaient aussi sur l’eau, c’était magnifique à regarder. Cogneur s’approcha du bord et alla s’asseoir sur une pierre qui bordait la rive, posant ses pieds dans l’eau. Avec le bruit de la cascade et la petite musique derrière qui jouait – il y avait visiblement quelqu’un qui avait oublié de la fermer à la fin de la journée – c’était particulièrement relaxant. Faisant des petits clapotis avec ses pieds, Cogneur se laissa retomber sur le dos, les mains derrière la tête. Il observa le ciel, soupirant en voyant que c’était difficile de voir les étoiles avec la pollution lumineuse. Fermant les yeux, il se racla la gorge et reprit la parole.

-‘ C’est joli, hein ? ‘ Il ouvrit les yeux et les posa sur son homologue. –‘ Dit, il y autre chose que je devrais savoir sur les Blindépiques ? Comme… je sais pas… On a d’autres capacités, d’autres rites ? ‘ Il se mit à rire, retirant ses mains de derrière sa tête. -' Enfin c'est si tu as envie d'en parler, si tu as juste envie de relaxer, c'est ce qu'on fera. '

_________________



Cogneur  *  RubisEl Santo  * Dent Tranchante * Alphonse * Storm
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Berndt Joachim
Soumise de Cogneur
avatar

Messages : 119
Date d'inscription : 07/08/2014

Equipe Pokémon
:

MessageSujet: Re: Les brioches, le retour. [Nounours Grincheux][Terminé]   Sam 6 Sep - 23:22


Guidé par Cogneur, Bruno suivit les chemins entre les arbres. Ils menaient tous à des nouveaux paysages qu'il n'avait encore jamais vus. De nombreux arrangements végétaux dont la conception était fruit du travail des hommes qui avaient jugé artistique de combiner des plantes pour créer une ambiance particulière. Il y avait par exemple ce champ de roses qui s'étendait à perte de vue et dont la multitude de couleurs étonnait le Blindépique. C'était plutôt joli, même si le paysage manquait de variété à son goût. Dans son ancienne vie, quand une espèce quelconque prenait le contrôle au point d'être la seule présente dans un périmètre, la forêt tirait la sonnette d'alarme. C'est la que son intervention se faisait requérir pour rétablir la balance entre tous les végétaux. De fait, l'idée même de la roseraie crachait un peu avec son expérience passée. Mais de toutes façons, c'était une invention humaine, l'ancien gardien ne chercha pas plus longtemps afin de comprendre ce déséquilibre qui était présent naturellement de par son origine.

"Désolé... J'ai un peu de mal avec les étendues d'une seule et même plante. Dans la nature, ça n'existe pas." répondit-il à Cogneur.
Il allait se contenter de regarder la scène de loin, espérant que le jardin botanique réservait tout de même des scènes moins manufacturées. La prochaine oeuvre ne satisfaisait malheureusement pas son critère. La serre était une invention humaine pour faire fi du climat. Le Blindépique ne comprenait pas comment ça fonctionnait, il accusait la magie diabolique des fils de l'homme. Collant ses mains et sa truffe contre les vitres, le natif de la forêt observa les végétaux se trouvant à l'intérieur et plaignait leur sort. Ils devaient se sentir comme emprisonnés et coupés de leur habitat originel. Une multitude d'espèces dont il n'avait même pas conscience de l'existence se tenait devant lui dans cette cellule en verre. Tentant de comprendre les raisons cachées derrière la construction de la serre, le crème marmonna.

"Mais pourquoi les humains font ça ? Et ça veut dire quoi tropical ?"
Tropical. Un mot inconnu au bataillon de l'ancien gardien. Il fallait dire que celui-ci était un concept inventé par les humains pour qualifier certaines régions du globe. Les Pokemons disposaient eux aussi d'outils de géographie et d'astronomie importants, parfois même plus avancés que ceux des humains, mais Bruno n'en avait pas la connaissance. Il savait que la Terre était ronde et qu'elle tournait autour du Soleil, c'était tout. Les notions de latitude lui étaient étrangères, en particulier vu la situation climatique particulière de Maïlys. A ses yeux, toutes les terres peuvent avoir les températures qu'elles désirent, indépendamment de leur position. Il était impensable de parler de pôles glacés et de tropiques chauds.

Abandonnant la serre, Bruno suivit une nouvelle fois Cogneur vers une nouvelle découverte. Un jardin aménagé autour d'un plan d'eau alimenté par une cascade artificielle. Des lotus accompagnés de leurs feuilles de nénuphar décoraient les ondes bercées par la lueur tamisée de feus cachés par des tissus étranges. Ca devait être une lanterne. Elles ne ressemblaient pas à celles qu'il avait l'habitude de voir, leurs contenants étant des bois plus vigoureux voire même de fiers granits taillés. Après, il était certain que des lanternes aussi lourdes ne feraient pas plaisir aux arbres qui auraient à les porter. Pour une fois, il comprit l'ergonomie derrière le design humain. Mais le paysage ne garda pas son attention très longtemps. Il se tenait debout, prêt du corps allongé du chromatique qu'il dévorait des yeux. Il était aussi beau et robuste à l'extérieur qu'il ne l'était à l'intérieur. Bruno prit une grande inspiration en fermant les yeux et sourit en ressentant la chaleur qui pénétrait par ses narines. Il sentait à nouveau que son corps entrait dans un état second même si plus contrôlé et détendu que dans la journée. Il commençait à se faire à cette sensation étrange qu'il avait lorsqu'il partageait de tels moments avec son homologue.

"C’est joli, hein ?"
"Joli ? C'est -joli oui"
Bruno dut se retenir pour ne pas répondre "C'est toi qui est joli idiot". Il doutait que c'était un compliment bien placé. Aucun de ses anciennes fréquentations ne lui avait fait, il devait bien y avoir une raison. Mais il ne niait pas pour autant la beauté qu'il accordait au marron. Ce dernier lui demandait s'il y avait des coutumes dont il ne lui avait pas parlé pendant l'après midi. Il y en avait des dizaines, tellement qu'il ne savait pas par où commencer. De par son ancienne profession, il était plus à l'aise avec les us des gardiens, mais ce n'était qu'une infime partie de la culture de son espèce et encore plus petite si on prenait les festivités sylvestres dans leur intégrité. Il fallait bien faire part d'un minimum de culture à l'élève avide de savoir, mais par où commencer ? Se donnant le temps de réfléchir, Bruno s'assit péniblement aux côtés de l'autre, trouvant une position lui permettant de regarder à la fois son visage et son corps par un simple mouvement de tête totalement discret.

"Je vais peut être commencer par le plus important... Le Festival des Châtaigners. Les légendes disent que ce sont ces arbres qui ont enseigné et aidé notre espèce à survivre en nous conférant nos attributs de défense à l'image de ceux de l'arbre. Chaque année, pour rendre sa bonté à la nature, une semaine entière est consacrée à la majesté de ces arbres. Il y en a toujours un immense au centre des villages de Blindépiques. Pendant les commémorations, il y a beaucoup de nourriture, de boisson, de danses et de chants. Ca commence avec plusieurs demandes de bénédictions et de protection à la forêt, des offrandes sont faites aux arbres qui en échangent donnent leurs fruits en abondance. Des pluies majestueuse de cosses et de feuilles qui descendent dans une danse magnifique et tourbillonnante. Autrement, il y a également les membres de notre espèce sachant manier le feu par leur énergie interne qui brûlent les graines pour qu'on les mange après. C'est vraiment étrange mais ça doit être de la cuisine, c'est ça ? Après ces sept journées à honorer les arbres, le festival se clôt avec les jeunes Marissons qui doivent tous planter une châtaigne lors d'une cérémonie assez formelle. En plantant cette graine, notre espèce permet aux arbres de perdurer sous notre protection après qu'ils nous aient tout offert. Ainsi, le pacte implicite est maintenu intact pour une nouvelle année et un nouvel hiver rude."
Il se tut l'espace d'un instant. Il avait bien entendu assisté à cette fête sacrée pour son espèce, mais il ne s'était pas amusé autant que ses congénères. En tant que gardien, il assurait le bon déroulement du festival avec ses collègues. Cela incluait une attitude irréprochable et sérieuse, pas de laisser aller. Il n'observait que de loin et s'assurait que personne ne manquait de rien et que les rituels étaient suivis à la lettre. Bien entendu, les habitants du village leurs offraient parfois des marrons chauds pour les remercier, mais ils n'étaient jamais véritablement partie intégrale des moments les plus joyeux.

"Mais bon. Moi j'étais gardien et j'étais surtout la pour m'assurer que tout se déroulait bien. Qu'est ce qu'il y a d'autre encore ? La cérémonie de la dernière feuille quand le châtaigner central perd en effet sa dernière feuille, annonçant l'arrivée de l'hiver ? Les efflorescences de printemps? Les solstices ? La nuit de contemplation du ciel avec les étoiles filantes ? Il y a tellement de choses rien que sur nos festivités... Alors la culture, c'est interminable... T'as vraiment raté quelque chose. "
Il regardait Cogneur avec un regard presque attristé lors de sa dernière phrase. Il aurait aimé avoir pu le connaitre dans la forêt, sans intervention humaine. Mais il chassa rapidement cette idée de son esprit. De par son statut de gardien, il n'aurait de toutes façons pas pu s'approcher véritablement de celui qu'il appréciait particulièrement. Quelque part, son lien avec le chromatique était un des bénéfices de la capture et il s'en rendait compte. Si Joachim n'était pas venu foutre la zizanie dans sa routine, il serait encore en train de regarder les autres s'amuser pendant des années tandis que lui s'assure que tout le monde va bien. Un travail difficile à tenir. Les gardiens servaient pour que d'autres n'aient pas à le faire, jusqu'au sacrifice ultime de leur vie privée. Le barbu lui avait rendu sa vie privée en échange de son travail. Il lui en avait voulu tout le long pour ça, étant trop attaché à son passé, mais ce qu'il vivait ce soir là commençait à le faire réfléchir sur le bien fondé de sa rancoeur.

_________________





Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bahia/Oliver
Handicapée malchanceuse
avatar

Messages : 186
Date d'inscription : 07/08/2014

Equipe Pokémon
:

MessageSujet: Re: Les brioches, le retour. [Nounours Grincheux][Terminé]   Dim 7 Sep - 11:54

-‘ Euh… bah tropical c’est juste que ce sont des plantes qui poussent d’habitude dans un climat beaucoup plus chaud qu’ici. Elles ne survivraient pas à l’hiver. ‘

Pourquoi les hommes faisaient cela ? Cogneur n’avait pas vraiment de réponse à donner, préférant simplement répondre à la deuxième. Il avait bien une idée dernière, mais vu la réaction de Bruno au reste du jardin, il préférait ne pas s’aventurer sur ce terrain. Il était un peu déçu, mais il aurait dû s’y attendre, le crème avait des concepts fermés et sa vie en forêt ne l’aidait pas à s’ouvrir au reste. Le marron soupira et tourna la tête un peu, observant de l’autre côté. Même si c’était des créations de l’homme, il trouvait le tout magnifique. Ils s’occupaient bien des plantes ici et au final cet endroit était un petit ilot de verdure, qui leur permettait de se détendre aussi. C’était prouver depuis longtemps que juste voir du béton était mauvais pour leur santé mentale, une ville sans arbre et plante était une ville morne et sans vie. Les humains avaient besoin des plantes et cet endroit était un lieu de détente parfait. Croisant les bras sur ses pectoraux, le chromatique soupira et ramena sa tête. Peut-être que la prochaine fois il serait mieux de trouver un autre endroit, quelque chose qui ne rappelait pas à Bruno son ancien métier. Enfin au final la visite n’était pas terminée, il y avait des décors beaucoup plus naturels dans le coin, en espérant que ceux-ci plairaient à son homologue. Il était quand même venu pour lui, se serait dommage qu’il lui reste une mauvaise image de cet endroit alors que Cogneur, lui, l’adorait. Le Blindépique décrocha quelques secondes de ses pensées, tournant sa tête vers le crème pour l’observer. Celui-ci avait commencé à parler d’une activité culturelle visiblement importante et le marron ne dit rien de tout le long, se laissant simplement bercer par les récits de son homologue. Alors le châtaigner avec une place importante dans la culture… dommage qu’il ne puisse pas le reconnaitre sans les fruits dedans. Bahia serait probablement capable de le dire juste en le regardant, elle était meilleure que lui à ce jeu-là. C’était à cause d’un manque d’intérêt du Blindépique, qui regardait les arbres tous de la même manière. Il en reconnaissait quelques un caractéristique, mais c’était tout. Poussant un autre soupir, il se releva un peu, restant assis. Il s’avança un peu et tendit les bras, plongeant ses doigts dans l’eau. Cogneur était pensif et écouta d’une oreille son homologue lui donner la liste de toutes les autres choses qu’il ne connaissait pas. Sur le coup il sourit simplement, ne sachant pas trop comment réagir. Puis la dernière phrase de Bruno le fit tiquer. Il tourna la tête vers lui et aperçut son regard légèrement attristé, ce qui lui fit bizarre.

Le marron fronça de sourcils, visiblement dérangé par quelque chose. C’est vrai, il avait manqué beaucoup de chose, il ne connaissait presque rien de son espèce. Seulement… il venait de se rendre compte qu’au final, ça ne le dérangeait pas vraiment. Il était content que Bruno lui en parle, mais maintenant qu’il prenait le temps de bien réfléchir, il n’était pas vraiment déçu de ne pas y avoir assisté. Peut-être un peu, c’est vrai, mais c’était à peine s’il y accordait attention. Cogneur fixa pendant quelques secondes son homologue, sans rien dire. Quelque chose brillait dans son regard. Il venait de comprendre et il sourit de nouveau, d’un air plus doux. Le marron tourna la tête et observa son reflet dans l’eau, continuant de faire glisser ses doigts à la surface. Lorsqu’il prit la parole, son ton de voix était détendu, parlant plus lentement qu’à l’accoutumée.

-‘ Je n’ai rien raté. ‘

Moment de silence. Cogneur prenait le temps de réfléchir à ce qu’il allait dire, son cerveau réfléchissant à toute allure. Il y avait beaucoup de choses qui voulaient sortir de sa bouche, mais il devait y donner un ordre logique, essayant de se retenir de tout envoyer d’un coup. Poussant un gros soupir, il plongea légèrement sa main gauche dans l’eau, reprenant la parole.

-‘ … J’ai vécu autre chose, que vous ne pouvez pas comprendre, comme moi je ne peux pas comprendre ce que vous faites. J’ai traversé les océans, foulés de mes pieds tous les continents de cette planète. J’y ai fait des rencontres incroyables, appris toute sorte de choses. Je peux cuisiner, coudre, faire du surf… C’est humain, c’est vrai, et alors ? J’ai affronté les plus grands, j’ai gagné, j’ai perdu, aussi. J’ai ressenti la joie, la peine, la colère, la peur. J’ai aimé et j’ai détesté, j’ai… vécu pour moi et pour les autres. Aujourd’hui j’approche de mes quarante ans et je ne regrette rien. Mais le mieux dans tout cela c’est que… je me considère comme un papa et je ne pourrais pas être plus fier de ma fille. ‘

Papa. Dire que quand elle était jeune, elle appelait autant Edward que lui avec ce nom. Seulement, il avait fallu que le jugement des autres détruise ce trésor qu’il aimait tant. Cela avait fait beaucoup jaser dans la cour d’école quand Bahia avait raconté qu’elle avait deux papas… encore plus quand ils s’étaient rendu compte que le deuxième était un Pokémon. En voyant la réaction des autres, le Blindépique avait poussé la jeune femme à ne plus l’utiliser avec lui, même si cela lui faisait de la peine. Avec le temps la rousse avait perdu cette habitude et ils s’appelaient grand frère et petite sœur devant les autres, évitant d’utiliser l’autre. Il arrivait bien que Bahia s’en serve dans des moments de grandes intimités, mais la dernière fois remontait à longtemps. Le simple fait d’entendre ce mot sortir de sa bouche le comblait d’une joie immense. Le cœur serré à cette pensée, le chromatique secoua la tête, essayant de reprendre le contrôle de ses émotions. Lorsqu’il reprit la parole, sa voix était légèrement brisée.

-‘ Papa. Je ne sais pas c’est quand la dernière fois qu’elle l’a utilisée. Tu peux trouver cela stupide aussi, les humains n’aimaient pas qu’elle m’appelle comme cela. Mais c’est ce que je ressens en la regardant. ‘ Il se passa une main sur son front, marmonnant ensuite pour lui-même. Penser à autre chose. –‘ Tout cela pour dire que… pour rien au monde je ne changerais mon destin pour le passer avec mon peuple. Ce n’est pas que j’aimerais pas en connaitre plus, non. Ma vie aurait été complètement différente et je ne renierais jamais ce que j’ai vécu. Peut-être aurais-je fini comme Épicea. On n’aurait jamais pu être ami. On m’a toujours dit que dans la vie, rien n’arrive au hasard. Au final, je suis content de t’avoir rencontré et le fait que tu me parles de notre culture, c’est assez pour moi. Au départ je me demandais si on finirait par s’entendre… je suis content aussi que ce soit le cas. J’ai jamais vraiment eu la chance de connaitre d’autres Pokémons comme moi, c’est agréable de t’avoir. Merci. ‘

Cogneur observa quelques secondes le crème avant de simplement hocher la tête pour lui-même, considérant qu’il en avait assez dit. Il reposa son regard sur l’eau et sortit ses mains de celle-ci, les secouant un peu. Ce n’était pas son genre de prendre le temps de parler de ses sentiments, mais il considérait que ce moment s’y portait bien. Il n’était pas vraiment gêné de le dire, c’était simplement la vérité. On le prenait souvent pour une brute épaisse qui reniait ce qu’il ressentait, mais c’était faux. Cogneur était plus intelligent que ce qu’il laissait croire et il lui arrivait dans des moments comme celui-ci de dire le fond de sa pensée, même si elle pouvait s’avérer gênante un peu. Il se releva lentement et se mit devant Bruno, reprenant du tout au tout son comportement habituel.

-‘ Tu veux continuer la visite ? ‘

_________________



Cogneur  *  RubisEl Santo  * Dent Tranchante * Alphonse * Storm
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Berndt Joachim
Soumise de Cogneur
avatar

Messages : 119
Date d'inscription : 07/08/2014

Equipe Pokémon
:

MessageSujet: Re: Les brioches, le retour. [Nounours Grincheux][Terminé]   Dim 7 Sep - 23:16



La tête de Bruno eut un sursaut de recul quand Cogneur nia qu'il avait raté quelque chose. Il ne comprenait pas comment l'autre Blindépique pouvait chérir tant que ça sa vie humaine par rapport aux coutumes natives et ancestrales de son peuple. Il eut grandement envie de répliquer qu'il était embrigadé par les hommes et qu'il ne pouvait pas comprendre, mais il se retint au maximum étant donné que le chromatique lui faisait l'honneur de lui expliquer ses raisons. Des voyages, des connaissances mais surtout de la famille. N'ayant pas véritablement eu de liens familiaux en raison de son ascendance, il ne pouvait pas vraiment comprendre la dévotion de Cogneur vis à vis de son humaine de compagnie. En effet, il la considérait comme sa fille alors qu'elle n'était pas de son sang. Il devait sans doute lui offrir une égide et un soutien inflexible pour qu'elle puisse s'épanouir tel un coquelicot fragile. Probablement qu'il l'avait aussi élevée, à la manière des instructeurs des gardiens avec les nouvelles jeunes recrues venant de quitter leur famille, si jeunes qu'ils ne se souviennent pas du visage de leurs parents. Et au final un nouveau cercle vicieux d'incompréhension s'installait, chacun des deux Blindépiques peinant à comprendre les motivations de l'autre.

Du moins ça ne dura pas. Cogneur évoqua Epicea et les probabilités qu'il ait pu lui ressembler. Bruno se dit qu'il n'avait peut être pas tort non plus de ce côté. Le chromatique étant fier de sa puissance et adouci par son côté paternel, il aurait sans doute fini comme un connard voulant être le plus fort s'il avait été un gardien. C'était trop probable pour que le déserteur en ait envie. Maintenant qu'il avait goûté à la présence bienfaisante de l'autre Blindépique il ne pouvait pas s'imaginer sans. Le discours finit les dernières résistances du crème quand le marron le remercia d'être à ses côtés. A tout ça, il ne sut rien répondre et resta stupidement la bouche ouverte à le regarder. L'envie dévorante de lui faire un autre câlin s'emparait de lui. Les paroles tendres lui donnaient envie de chercher la tendresse dans les gestes mêmes. Heureusement pour lui, Bruno était trop maladroit pour oser le faire. De plus Cogneur se leva rapidement, ce qui annulait plus ou moins ses envies de se coucher contre lui. Le changement brutal de plans annula totalement ces derniers et le déserteur reprit ses esprits.

S'il voulait continuer la visite ? Peut être. Il se sentait bien dans ce jardin. Le décor naturel, les clapotis de l'eau, les lumières tamisées qui ombrageaient docilement le corps et le visage du marron, lui donnant un air encore plus imposant et chaleureux... Mais il y avait également la possibilité que le prochain endroit soit encore plus magnifique, pour une fois la curiosité piquait les nerfs de Bruno. Ce dernier se releva à son tour. Il attrapa les deux poignées de son homologue et fixa ses yeux dans les siens avec un regard curieux.

"Surprends moi."
Pourquoi le tenait-il comme ça ? Bruno ne comprit pas, c'était venu comme ça. Il relâcha son étreinte immédiatement, plus que gêné que son corps ait pris le dessus sur ses pensées. Il était usuellement maître de lui même en toutes circonstances, mais la présence de Cogneur le perturbait, comme il se le répétait depuis le début de la journée. Détournant le regard, l'égide sylvestre mirait l'horizon, tentant de deviner quel futur paysage son nouvel ami lui montrerait. L'excitation montait en lui bien qu'il tente de la réfréner. Il espérait que le marron ne lui tiendrait pas rigueur de ses ingérences et qu'il ne l'avait pas gêné avec ses demandes insistantes. Impatiemment, Bruno attendait le signal du départ.

_________________





Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bahia/Oliver
Handicapée malchanceuse
avatar

Messages : 186
Date d'inscription : 07/08/2014

Equipe Pokémon
:

MessageSujet: Re: Les brioches, le retour. [Nounours Grincheux][Terminé]   Lun 8 Sep - 1:01

Sonnette d’alarme. Le Blindépique haussa les sourcils lorsque Bruno lui attrapa les poignets, lui demandant de le surprendre. Pendant quelques secondes, le chromatique ne sut pas quoi répondre, ne bougeant pas d’un pouce. Le crème relâcha sa poigne et le combattant recula de quelque pas, surpris que son homologue réagisse de manière de plus en plus bizarre. Était-ce lui qui exagérait ? Peut-être qu’il se faisait des idées. Au final il avait droit à un Bruno qui ne gardait pas toujours son bouclier levé, il était peut-être naturellement comme cela. L’alarme criait toujours au fond de son crâne, mais Cogneur la réfréna et hocha la tête. C’était complètement stupide d’avoir peur du crème, ce à quoi il pensait était tout simplement impossible. Le marron faillit se donner une claque sur la figure pour se réveiller, évitant de le faire à cause de la présence de Bruno. Comment cela avait pu lui traverser l’esprit, c’était stupide ! Le combattant marmonna pour lui-même, calmant ses pensées en ébullition. Son homologue voulait de la surprise, alors autant essayer de l’impressionner. Le géant se calma et se força à reprendre son comportement normal, se traitant d’idiot alors qu’il se remettait en marche. Cogneur marchait lentement, se demandant où il pourrait amener son homologue. Quelque chose de sauvage et de naturel, sinon cela ne lui plairait pas. Le marron tentait de chercher dans son esprit les endroits qu’il avait visités avec la demoiselle, tournant subitement à gauche au beau milieu d’une plate-bande fleurie. Eh bien, c’était peut-être le moment de lui montrer son endroit préféré. Le géant se laissa porter par le plaisir de le visiter une nouvelle fois, mettant de côté le comportement un peu étrange de Bruno. De toute manière, il n’y avait rien de spécial là-dedans, ça ne devait être que son imagination.

Après de nouvelles minutes de marche dans le noir, Cogneur se mit à trotter, voyant au loin le jardin alpin. Il s’arrêta devant et se tourna vers son homologue, lui faisant signe de s’approcher. Le décor à partir de là changeait de tout au tout, ils avaient la représentation d’une montagne face à eux. Les buttes n’étaient pas très hautes, évidemment, mais il y avait des grandes pierres partout, avec des plantes poussant entre. Des sentiers permettaient de passer entre les gros cailloux, permettant d’admirer les prouesses des plantes qui réussissaient à survivre dans des conditions plus hostiles que les autres. Le marron observa encore un moment de loin, avant de reprendre sa marche et se glisser sur un des sentiers qui faisaient le tour du grand jardin. Si cela n’impressionnait pas Bruno, rien dans ce jardin ne pourrait le faire, c’était évident. Enfin, c’était évident pour lui. Le Blindépique s’arrêta à côté d’un bosquet ayant des fleurs bleues. Cogneur tourna la tête vers son ami, l’air pensif.

-‘ Bahia m’en avait parlé, mais je me souviens plus du nom. Parait que les fleurs avec du bleu sont rares dans la nature. Ah, tiens… ‘

Le Blindépique était déjà attiré ailleurs, ayant du mal à rester concentrer sur quelque chose longtemps. Le marron avait repris sa marche, laissant le loisir à Bruno d’observer aussi s’il le voulait. Cogneur avait été attiré par une plante avec des fleurs roses, mais ce qui l’intriguait vraiment, c’était le feuillage. Il avait l’air… doux ? Et c’était le cas. Le marron sourit en caressant du bout des doigts les feuilles poilues, regardant ensuite ce qu’il y avait derrière. Il se surprenait lui-même à porter plus attention aux plantes que lorsqu’il venait avec Bahia, se disant qu’elle adorerait qu’il lui demande des informations sur certaines plantes. Il continua sa promenade tranquillement, jetant parfois des regards à Bruno pour voir ce qu’il faisait. Aimait-il cet endroit ? Cogneur n’avait qu’un seul moyen de le savoir, au final. Le combattant décida de se rapprocher de lui, lui faisant un léger signe de la main pour avoir son attention. Il sourit faiblement, se grattant la tête d’une main.

-‘ J’espère que ça te plait, ici. Je trouve que c’est l’un des plus beaux coins du jardin. Y a le jardin des Sens juste à côté, pas que c’est joli, mais c’est amusant je trouve. Viens, je te montre. ‘

Juste à côté de la sortie du jardin alpin se trouvait une bâtisse avec un petit jardin à côté. Le Blindépique entra et attendit tranquillement Bruno, observant l’endroit. Il y avait des plantes disposées de tous les côtés, avec des panneaux dessus. On expliquait aux gens que certaines sentaient bonnes, d’autres étaient étranges au touché, qu’elles goûtaient certaines choses, bref, qu’elles permettaient de stimuler certains des sens. Il s’approcha d’une des plantes avec un panneau parlant d’odorat et approcha son nez… avant de reculer d’un coup, faisant la grimace.

-‘ Elle sent la charogne, ma parole ! C’est dégueulasse ! ‘

Oui bon, le jardin des sens ne faisait pas que promouvoir les bonnes odeurs, les mauvaises aussi. Tout comme certaines plantes étaient piquantes au touché. Il s’éloigna rapidement de celle qui sentait la viande pourrie et s’approcha d’une autre à l’air plus accueillant, dont le panneau disait que ses fleurs étaient comestibles et particulièrement sucrées. Curieux, Cogneur en attrapa deux, une pour lui et une pour Bruno. Il s’approcha de celui-ci et lui tendit, une odeur plus agréable lui venant de la plante à côté. Il mangea tranquillement sa partie et jeta un coup d’œil au loin. Il voyait le début de la forêt naturelle, un endroit très peu touché par l’homme. Bruno aimerait probablement, même si c’était presque la même chose que dans la forêt dense. Le marron pointa du doigt celle-ci, tournant la tête vers son homologue en même temps.

-‘ Si tu veux on peut aller faire un tour là-bas aussi. Tu pourrais me montrer un châtaigner… ‘

Spoiler:
 

_________________



Cogneur  *  RubisEl Santo  * Dent Tranchante * Alphonse * Storm
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Berndt Joachim
Soumise de Cogneur
avatar

Messages : 119
Date d'inscription : 07/08/2014

Equipe Pokémon
:

MessageSujet: Re: Les brioches, le retour. [Nounours Grincheux][Terminé]   Lun 8 Sep - 23:31



Nouvelle marche, nouveau décor. Beaucoup plus rugueux, ardu et robuste de par la présence des multiples roches jonchant l'endroit. L'ambiance était également beaucoup plus sombre, aucune lanterne n'était la pour illuminer le chemin et aucune étendue d'eau pour fournir une douce musique d'ambiance. Bruno préférait beaucoup plus le jardin aquatique bien que l'alpin ne le laisse pas indifférent non plus. Il posa sa main sur une des immensités rocailleuses et la caressa en fermant les yeux. Cela faisait depuis le début de la visite du jardin qu'il n'avait entendu rien d'autre que ce que ses oreilles lui disaient. Bien qu'en ville, il était entouré de plantes et voulait voir s'il possédait aussi la capacité de communiquer avec elles. Vidant son esprit, il tentait d'écouter ce qu'elles pouvaient avoir à dire mais il n'y parvint pas. Probablement que les habitants végétaux le considéraient encore comme un étrange et lui refusaient donc la communication. De plus, Cogneur n'aidait pas à la concentration en parlant à côté. Le crème ne lui en voulait pas puisqu'il soulevait des points plutôt intéressants comme les fleurs bleues. Et c'était particulièrement ironique dans une situation où Bruno lui même était fleur bleue bien qu'il n'en ait pas conscience.

"Les fleurs bleues ? Oui, c'est vrai qu'il n'y en a pas beaucoup par rapport aux blanches ou aux rouges. Ma fleur préférée c'est celle du frangipanier, son dégradé du blanc au jaune, son odeur d'huile d'amande. Et la sève épaisse et blanche qui s'échappe de l'arbre quand on la cueille, comme s'il cherchait à refaire la même fleur par dessus en posant la couleur..."
Il approchait de Cogneur alors qu'il discutait de ses goûts floraux. C'était complètement débile comme sujet de conversation finit-il par se dire mais c'était trop tard pour faire marche arrière. La balade dans le jardin alpin ne dura pas longtemps, le marron semblait vouloir faire visiter chaque recoin du parc à Bruno en une seule soirée. Ce dernier aurait préféré visiter qu'une parcelle par soirée pour garder toujours plus de découvertes lors de leurs rencontres futures mais son homologue semblait trop content de le faire visiter pour qu'il brise son délire.

Il le suivit alors au Jardin des Sens. Néanmoins, il ne se prit pas aux jeux les plus piégés proposant de renifler des fleurs. Il connaissait la plupart des espèces et savait pertinemment les surprises désagréables qu'elles réservaient. Ah, Cogneur venait justement de se faire avoir comme un bleu. Bruno ricana en posant sa patte contre sa bouche, s'imaginant comment l'autre devait avoir envie de gerber à poser sa truffe trop prêt de la fleur qui pue. Son rire fut coupé par le cadeau floral qui lui était présenté. C'était la première fois qu'on lui donnait une fleur dans de telles circonstances. D'habitude, il les recevait entières pour les replanter ailleurs ou alors sous formes de médicaments. Ici, Cogneur lui présentait uniquement la couronne de pétales qui exhalait bon le sucre, une odeur à croquer. Appréciant le geste, il goba la petite chose à l'instar de celui qui lui avait offert.

"Merci. C'est la première fois qu'on me donne une fleur pour le plaisir..." dit-il avant d'écouter la nouvelle proposition d'escapade.
Cogneur voulait aller dans la forêt pour contempler un châtaigner. Bruno était très content d'entendre de tels mots. Il avait réellement l'impression que son homologue s'intéressait à ce qu'il avait vécu et accordait de l'importance à sa culture, ce qui réchauffait son coeur. Il avait néanmoins quelques réserves. Et s'il n'y avait pas de châtaigner dans ce petit bois ? Etant incapable de demander aux plantes elles mêmes si elles avaient vu l'arbre, il ne pouvait pas garantir le succès de sa mission.

"Je... Hum. Je suis pas sûr qu'il y ait un tel arbre... Les plantes veulent pas me parler ici, je peux pas vérifier..." dit-il d'un ton défaitiste.
Il baissa un peu la tête. Il se décourageait un peu d'avoir été abandonné par une partie de ses congénères végétaux. Si ce n'était pas pour la présence du marron, il n'aurait même pas daigné marcher jusqu'à la forêt, de peur d'être déçu. Mais s'il restait planté ici, ce serait Cogneur qu'il décevrait de par sa désinvolture et il avait encore moins envie de ça. Il releva la tête et prit la parole doucement.

"Mais on peut toujours essayer..."
Il se dépêcha alors de marcher vers la forêt naturelle, écumant les différentes pointes se dressant fièrement vers le ciel, tentant de trouver le fameux châtaigner. Arbre après arbre, il examinait les feuilles, les fruits et même l'odeur. Aucune trace de ce qu'il cherchait pour le moment. Il avait laissé Cogneur un peu en plan pour trouver rapidement l'arbre à sa place mais le désespoir de rentrer bredouille commençait à le ronger. Quelques arbres plus tard, il eut cependant un soupir de soulagement.

"Viens la ! On a de la chance, il y en a un !" hurla-t-il.
Maniant ses lianes, le Blindépique saisit une branche en hauteur et y cueillit délicatement une bogue ainsi qu'une feuille et une queue de fleurs. Il attendit que son homologue ne le rattrape et lui sourit. Il approcha de lui, présentant sa cueillette de l'arbre sacré de son peuple. La feuille fut agitée devant ses yeux pour que le géant puisse se souvenir de leur aspect lors de ses prochaines escapades en forêt. Le long fil ressemblant à une queue de rat où les fleurs de l'arbre étaient disposées lui fut alors montré et passé sous le nez. Son odeur subtile et revigorante allait aider à la mémorisation.

"C'est bon, tu as retenu la tête de la feuille et l'odeur des fleurs ? Tu pourras impressionner... ta fille en lui montrant un châtaigner."
Quelques hésitations sur le qualificatif à employer pour désigner Bahia. Son naturel aurait utilisé l'expression "humaine de compagnie" pour la désigner, mais le déserteur savait que ça aurait froissé Cogneur, voire l'aurait mis en colère. Son cerveau s'interposa donc en plantant légèrement le système pour le redémarrer au cours de la phrase et utiliser une expression plus décente, qui réchaufferait aussi le coeur de son interlocuteur. Bruno attrapa ensuite la main droite de Cogneur et y plaça la bogue couverte d'épines chacune plus effilée que la précédente, prenant bien soin de la poser délicatement afin de ne pas piquer les frêles coussinets des pattes douces du marron.

"Tu vois cette bogue ? Elle ressemble énormément à notre carapace, à notre bouclier et surtout à notre Pico-Défense. C'est pour ça que les légendes disent que les premiers de nos ancêtres ont communié avec l'arbre pour qu'il leur offre ses pouvoirs."
Il prit son autre main pour refermer délicatement la poigne de Cogneur autour de la bogue. Ca risquait de piquer un tout petit peu, mais il avait vraiment envie de faire cette démonstration du magnifique pouvoir des châtaignes et de leurs protections.

"Les pics ne sont pas très durs un à un, mais ensemble ils forment une nuisance suffisante pour te dissuader de continuer à détruire la bogue. C'est exactement pareil avec notre ordre de gardiens. Ensemble, nous sommes la bogue qui protège la forêt."
Et il réouvrit immédiatement la main de Cogneur pour éviter de faire durer trop longtemps la poigne piquante. Il saisit à nouveau le fruit de l'arbre et l'ouvrit grâce à ses mains expertes. Les morceaux de bogue piquante s'écrasèrent au sol tandis que le petit fruit dur, sec et brun se tenait au bout des doigts de l'égide sylvestre. Les châtaignes, encore protégées par une coquille supplémentaires, ornaient sa main telles des bagues. Il les fit jouer encore un peu avant de reprendre la parole.

"Malgré tout, sans sa bogue, la châtaigne reste ferme et dure, comme notre peuple. Avec ou sans gardien, les Blindépiques seront d'inflexibles combattants prêt à défendre leur terre mère."
Usant de ses griffes pour entamer la dernière protection des châtaignes, Bruno finit par extraire le petit coeur doux et comestible de ce fruit protégé par un complexe emballage rappelant les matriochkas. C'était finalement la petite perle marron que ses anciens camarades détenant la puissance cachée du feu brûlaient pour leur donner un goût si subtil. Et surtout, c'était également le coeur de la graine qui irait germer pour donner vie à de nouveaux arbres de nombreuses saisons après leur sommeil sous terrain.

"Et même sans la coquille des Blindépiques, la forêt est toujours la, prête à donner vie à de nouveaux châtaigniers et ainsi faire prospérer notre espèce à nouveau..."
Sa phrase finie, il lâcha le fruit au sol et le recouvrit d'un peu de terre. Il se rappelait encore de la cérémonie où il avait du planter sa propre châtaigne dans le sol lors du festival. Cela remontait à tellement d'hivers déjà. Replanter cette graine lui donnait l'impression de replonger en enfance. Il se releva et regarda son homologue dans les yeux, les dévorant avec malice. Il espérait que sa petite démonstration aurait sensibilisé Cogneur sur le lien étroit entre châtaigniers et Blindépiques. Il osait également espérer lui avoir appris un pan de culture qui l'intéressait. C'était la moindre des choses pour lui rendre la pareille de cette soirée. Il restait la, le regard bienveillant mais dévorant plongé dans les yeux de l'autre, un petit sourire en coin, attendant la réaction de celui qu'il appréciait.

_________________





Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bahia/Oliver
Handicapée malchanceuse
avatar

Messages : 186
Date d'inscription : 07/08/2014

Equipe Pokémon
:

MessageSujet: Re: Les brioches, le retour. [Nounours Grincheux][Terminé]   Mar 9 Sep - 12:18

Cogneur observa Bruno, qui semblait hésiter à l’idée d’aller dans les bois juste à côté. Eh bien, cela ne changeait rien s’ils ne trouvaient rien, il fallait au moins l’essayer pour le savoir. Le marron allait ouvrir la bouche, mais le crème semblait s’être convaincu tout seul, le chromatique souriant pour lui-même. Bah voilà, ce n’était pas difficile, il devait éviter d’être pessimiste comme ça. Se mettant tranquillement en marche derrière son ami, le Blindépique tourna la tête, jetant un dernier regard vers la plante qui puait. Il fit la grimace en se souvenant de l’odeur et accéléra le pas, sentant son estomac se retourner. Bon, ce n’était pas aussi pire que la fleur que la rousse avait récupérée pendant sa sortie avec le Zodiac, mais quand même. Cogneur était un peu dans la lune, laissant son homologue prendre les devants et chercher l’arbre en question. Il se surprit à se demander encore si le comportement de Bruno pouvait être considéré comme bizarre ou non. C’était difficile à dire pour le marron, il avait beaucoup de mal à le comprendre. Le crème n’avait jamais vraiment développé de relation amicale avec les autres, il n’était pas contrôlé ou contraint par les lois invisibles qui régissaient les comportements en société. Alors qu’il regardait un bouleau de plus près, le Blindépique se rendit compte à quel point les humains avaient de l’influence sur lui. Il était culturellement pareil comme eux et trouvait parfois le comportement de son homologue comme étrange, mais au final c’était peut-être lui qui n’était pas assez ouvert. C’était tout nouveau pour Bruno d’avoir un ami, il se devait d’être patient et de le laisser s’exprimer. Seulement… son regard intriguait parfois le marron, qui avait l’impression d’être transpercé par celui-ci. Ou plutôt dévorer. Juste quand ils étaient sur le bord de l’eau, il avait remarqué la manière de celui-ci de le regarder. Sans parler de la sensation de chaleur qu’il disait avoir quand il était proche de lui… Cogneur s’arrêta, marmonnant pour lui-même.

-‘ Cherche pas la merde où il y en a pas, espèce de débile. ‘

Il s’était rendu compte que son cœur s’était mis à battre rapidement et cela ne lui plaisait pas d’avoir ce genre de pensées, de toute manière c’était impossible. Bruno vivait de nouvelles expériences, c’était tout à fait normal. Foutre dieu, il n’allait quand même pas s’imaginer que celui-ci… l’aimait plus que cela. C’était stupide, irréaliste. Malgré ses essais pour réfréner son esprit en ébullition, beaucoup de choses apparaissaient dans ses pensées, le Blindépique reprenant sa marche pour ne pas se laisser distancer. Il y avait des éléments de la journée qui lui revenait en tête, celui-ci ayant de plus en plus de mal à passer par-dessus. Ce n’était que maintenant qu’il voyait ? Cogneur ne pouvait s’empêcher de se trouver lent d’esprit. Il se rendit compte que ses mains tremblaient légèrement et repoussa le tout d’un coup, expirant fortement par le nez. Non, Bruno n’avait pas dépassé les limites. Ils étaient amis, c’était tout. De toute manière les personnes qui finissaient amoureuses de lui finissaient toujours par partir, ce n’était pas pour rien qu’il était tout seul. Aucune d’entre elles n’avait bien voulu le suivre plus loin. Pourquoi il pensait à ca ? Sa mâchoire se crispa d’elle-même alors qu’il approchait de Bruno, détaillant le Blindépique. C’était impossible, maintenant que son esprit avait mis certains évènements en évidence, il ne pouvait plus le nier. Il tenta de reprendre un air neutre, écoutant son homologue d’une oreille. Maintenant qu’il l’avait en face, c’était plus facile pour lui de réfréner ses pensées. Bien sûr que non, il n’avait qu’à le regarder, Bruno n’avait clairement rien pour lui. Ce qu’il pouvait être con, des fois. Hum. Cogneur faillit sursauter en voyant la feuille devant son visage. Hein ? Ah oui, merde. Un peu de concentration. Il hocha rapidement la tête, se forçant à reprendre la même attitude qu’à son habitude, ayant peur que le crème se rende compte qu’il était stressé.

-‘ Huh… Oui oui, s’bon ! J’suis sûr qu’elle va en tomber sur le cul. ‘

Passable. Le Blindépique sourit et se laissa se détendre un peu malgré l’orage qu’il y avait au fond de lui-même, se concentrant uniquement sur ce que disait son homologue. Il grimaça lorsque Bruno fit refermer sa main sur la châtaigne, sentant les piquants essayer de pénétrer sa peau. Il tenta d’écouter attentivement le reste, sentant son esprit se calmer alors qu’il fixait sans rien dire son homologue défaire lentement les protections du fruit. Ses paroles étaient sages et c’était surtout très intéressant à écouter, le chromatique ressentant un certain plaisir à avoir droit à des explications. Décrochant du reste pendant quelques secondes, Cogneur s’approcha doucement de l’arbre après les explications de son… ami et attrapa lui-même l’une des branches avec sa liane, décrochant l’une des bogues. Il faillit jurer lorsque sa liane tressaillit, une légère douleur lui venant d’en haut. Il s’était enfoncé un piquant dedans sans faire exprès, cherchant à trop le serrer. Faisant rapidement descendre le fruit de là, le chromatique refit simplement les mêmes étapes. Il dénuda lentement les protections de la châtaigne et lorsque ce fut fait, il gratouilla légèrement le sol de son pied et se pencha pour la déposer dans son trou, remettant la terre par-dessus. Voilà. Le chromatique ne savait pas trop pourquoi, mais il se sentait un peu fier de lui-même, content d’avoir pu partager un peu quelque chose d’important dans sa culture. Le marron releva la tête vers son homologue et sourit… avant de serrer les dents. Encore le même regard. Il avait l’impression que son corps était dévoré par celui-ci.

-‘ … ‘

Cogneur resta stoïque quelques secondes, ses yeux restants fixés sur ceux de Bruno. Encore une fois, n’était-ce que le fruit de son imagination ? Le chromatique bougea lentement sa main, la glissant derrière sa carapace. Il en sortit une montre et regarda l’heure inscrite : il ne restait pas beaucoup de temps avant que Chayton ne revienne. Remettant la montre à sa place, le chromatique semblait un peu… bizarre. Le marron ne souriait plus, mais ne lâchait toujours pas le crème, pris dans ses pensées. Ses lianes sortirent de sous sa carapace, le Blindépique se mettant à s’approcher lentement de Bruno. Ses lianes se posèrent contre son torse, faisant une pression pour qu’il recule. Cogneur n’arrêtait pas de marcher, obligeant son ‘ami’ à se retrouver entre lui et le châtaigner. Il s’arrêta lorsque son homologue fut pris en sandwich entre les deux, restant néanmoins à quelques centimètres de lui. Le regard neutre et presque vide, Cogneur ne savait pas trop ce qui allait se passer à partir d’ici. Soit il passerait pour le gros con de service, soit il aurait confirmation à ses questions. Ce n’était pas pour rien qu’il gardait Bruno dans cette position inconfortable, il voulait voir sa réaction et surtout l’empêcher de se défiler de la situation. Son cœur cognait fort dans sa poitrine et il avait presque envie que Bruno lui en colle une dans la figure, au moins cela réglerait la question tout de suite. Il commençait enfin à bien s’entendre avec lui, la simple idée qu’il puisse… avoir autre chose que simplement de l’amitié le rendait nerveux. C’était un mec quoi, il ne s’attendait pas à ce qu’il s’intéresse à lui comme ça… il avait le droit hein, ce n’était pas la question, juste que… Merde, quoi !

-‘ Bruno, j’ai une question. ‘

Il avait essayé de prendre un ton de voix plus doux, mais vu son état d’esprit, c’était difficile à faire. Foutre dieu, il n’aimait pas la situation du tout. Il avait déjà reçu de l’intérêt de la part de femelle – même humaine, le simple fait de penser aux tabous qu’il avait traversés le faisait frissonner –, mais mâle… il ne comprenait pas. Cogneur blaguait toujours qu’il était tellement sexy qu’il serait capable d’attirer n’importe qui… sauf que c’était des blagues. Ce n’était pas supposé arrivé pour de vrai. Déglutissant avec difficulté, il décida de lâcher complètement le morceau.

-‘ Écoute, j’ai l’impression…. Que tu es bizarre, un peu. Depuis ce matin. Il y a des choses que tu… j’sais pas… que tu voudrais me dire ? Hein ? ‘

Quel con, il était trop mal à l’aise pour pousser son développement plus loin. Néanmoins c’était tout ce qu’il pouvait dire, le reste le choquait trop et il ne voulait pas que cela traverse ses lèvres. Il resta comme ça, proche du corps de Bruno, respirant rapidement alors que son regard ne quittait pas le sien.

_________________



Cogneur  *  RubisEl Santo  * Dent Tranchante * Alphonse * Storm
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Berndt Joachim
Soumise de Cogneur
avatar

Messages : 119
Date d'inscription : 07/08/2014

Equipe Pokémon
:

MessageSujet: Re: Les brioches, le retour. [Nounours Grincheux][Terminé]   Mar 9 Sep - 23:19


Bruno fut ravi de voir que son élève prenait de la graine et imitait ses coutumes. Il n'était certainement pas aussi doué que lui pour cueillir des châtaignes, mais au moins il avait essayé. L'ancien gardien ajouta un sourire bienveillant à son regard admiratif et contemplateur. La satisfaction d'avoir initié un autre Blindépique était grande, en particulier lorsqu'il s'agissait de ce Blindépique en particulier. Les yeux plongés dans ceux de son homologue, le crème continuait de transmettre visuellement sa satisfaction... bien que sa contemplation prenne le dessus.

Quelle mouche pouvait bien avoir piqué Cogneur ? D'un seul coup, il changea d'attitude du tout au tout, quittant son sourire habituel pour prendre un air bien plus neutre, grave et déterminé. Bruno ne comprenait pas un tel changement d'attitude. Il ne se souvenait pas avoir fait quelque chose pour le vexer à ce point ? Son regard auparavant bienveillant était maintenant interrogatif. Néanmoins, l'interrogation laissa vite place à la surprise. Usant de ses lianes, Cogneur poussa un Bruno contre l'arbre. Ce dernier, ne s'y attendant pas du tout, ne put rien faire pour résister à la pression faite par la force admirable du colosse. Bien que ses lianes ne soient pas son point fort, elles réussissaient tout de même à faire ployer un gardien désarçonné. Menaçant presque de tomber en arrière, le crème fut stoppé dans sa chute par le tronc protecteur du châtaignier qui l'accueillait derrière. Pris en sandwich entre l'arbre et celui qu'il appréciait, Bruno commençait à ressentir une forte gêne. Outre son incompréhension, l'idée d'être acculé à ce point le désorientait. Cogneur allait-il en profiter pour lui mettre une fessée de vengeance ? Allait-il lui faire un gros câlin ? Evidemment, l'égide sylvestre préférait la deuxième option.

"M-Mais qu'est ce que tu fais ?!" s'écria-t-il.
Une réponse plus que confuse trahissant sa propre confusion intérieure. Il eut certes sa réponse immédiatement, mais tout de même. Etre coincé entre Cogneur et un arbre avec une telle proximité le troublait. Il tenta de se défaire de l'étreinte des lianes mais il n'était pas clairement sur ses appuis, anéantissant ses chances de s'en sortir. Il allait écouter la question, non pas sans se sentir bizarre face à la détermination plongée droit dans ses globes oculaires. Le souffle rapide de son homologue lui caressait également le visage, accentuant la chaleur qui montait en lui. La gêne, le stress, ses sentiments pour l'autre. Tout formait un cocktail calorifique qui accentuait la propre respiration de Bruno, à l'instar de celui qui le retenait avec des questions aussi étranges. Si le gardien avait des choses à dire pour justifier son comportement étrange ? Pas qu'il le sache. Certes, il se sentait bizarre avec Cogneur mais peut être était ce parce qu'il était son premier ami véritable qui ne soit pas un collègue. Peut être que c'était normal de trouver ses amis aussi beaux, peut être que c'était normal de se sentir autant gêné proche d'eux. Il n'en savait absolument rien et baissa les yeux en expirant son incompréhension. Mais est ce que ça méritait d'être mentionné à Cogneur ? Il ne le savait pas.

"Je sais pas moi ! Je suis juste... content que tu sois prêt de moi. Tu me trouves bizarre ? Tu le serais aussi si tu découvrais les sensations que je découvre ! Toute ma vie je n'ai pu avoir aucune relation avec personne pour préserver mon impartialité et tu t'attends à ce que je comprenne tout tout de suite à ce qui se passe quand on se sent bien avec quelqu'un ?! Je ne fais que découvrir la chaleur, l'envie de regarder ceux qu'on apprécie, le plaisir d'être contre ces derniers ? J'ai pas le droit ?! Il faudrait savoir quand même, tu m'aimais pas quand j'étais neutre et quand j'essaie de laisser parler mes sentiments tu aimes pas non plus..."
Terminant son réquisitoire, Bruno regarda à nouveau vers le bas. Il se sentait mal, comme agressé par les accusations de Cogneur. Il n'était pas aussi sensible aux mots habituellement, mais quand ils étaient prononcés par son homologue, ils pouvaient blesser tout comme réchauffer. Etait-ce ça le pouvoir de l'amitié ? Se débattant encore un peu, le crème tentait de se défaire de l'emprise des lianes alors qu'il savait pertinemment que c'était perdu d'avance et ce n'étaient pas les plantes du coin qui lèveraient le petit doigt pour l'aider.

_________________





Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bahia/Oliver
Handicapée malchanceuse
avatar

Messages : 186
Date d'inscription : 07/08/2014

Equipe Pokémon
:

MessageSujet: Re: Les brioches, le retour. [Nounours Grincheux][Terminé]   Mer 10 Sep - 1:30

Pendant quelques secondes, Cogneur retint son souffle, fixant le Blindépique en face de lui. Qu’allait-il dire ? C’était insoutenable, il devait savoir, maintenant. Son expression se décomposa lentement alors que son homologue ouvrait enfin la bouche, le marron ne disant absolument rien. Alors qu’il parlait, un immense bug s’installa dans le cerveau du chromatique, qui peinait à suivre le reste. Bruno ne faisait pas que découvrir les rouages de ‘l’amitié’, il en découvrait les sentiments aussi. Il ne savait même pas ce que c’était d’aimer ! Il avait oublié ce… léger détail. C’était… wow. Cogneur relâcha immédiatement la pression de ses lianes et leva les bras, s’écrasant les paumes de mains sur la figure. Par Arceus, cette situation était complètement ridicule. Est-ce qu’il était en train de virer fou ? Peut-être. Bruno était un casse-tête qu’il n’arrivait pas à définir. Le reste des paroles du crème achevèrent le Blindépique, qui avait envie de se frapper un peu. Ce n’était pas de l’amitié, ça. La chaleur, l’envie d’être collé contre l’autre, c’était plus… c’était autre chose. C’était quelque chose qu’il n’avait pas lui-même ressenti depuis très longtemps. La dernière fois ça remontait à… il préférait ne pas y penser. Retirant lentement ses mains de son visage, le chromatique n’était plus aussi neutre que tout à l’heure. Il fit exactement comme Bruno, en fait. Il baissa le regard et regarda les pieds de son homologue, cherchant à couper le contact visuel avec celui-ci. Qu’est-ce qu’il faisait, à présent ? Bruno semblait fâché un peu – et il avait de bonnes raisons, quand même – et lui ne savait plus quoi dire. Le chromatique avait encore des doutes, mais ce n’était pas grand-chose, le crème ne pouvait pas dire je t’aime pour la simple et bonne raison qu’il ne savait même pas ce que cela voulait dire.

Prendre une profonde respiration. Comment lui expliquer ? Les sentiments s’étaient tellement abstraits, il n’était pas le meilleur pour expliquer non plus. Il se frotta le bras de son autre main et releva la tête, regardant son ami. Il était désolé, mais il ne regrettait pas son geste non plus. Cogneur avait obligé Bruno à cracher un peu le morceau et même si ce qu’il entendait lui plaisait plus ou moins, il l’acceptait au final. L’esprit du chromatique était embrouillé, il avait du mal à se suivre lui-même. Son corps prit la parole sans qu’il ne s’en rende compte, comme dans un état second.

-‘ Je ne sais pas ce qui est le plus triste là-dedans, Bruno. Probablement le fait que tu ne sais pas reconnaitre l’amour. ‘

C’était sorti comme ça. Comment était-il possible de vivre en restant toujours aussi neutre et impartial ? Il ne le savait pas, mais visiblement, son homologue avait réussi à le faire. Seulement aujourd’hui, cela l’handicapait plus qu’autre chose. Cogneur dégluti lentement, son esprit roulant à cent à l’heure. Pourquoi subitement ça le dérangeait autant ? Peut-être parce que c’était un mâle et que cela allait à l’encontre de tout ce qu’il avait vécu jusqu’à maintenant. Des nanas, il en avait vu des tonnes. Il y avait une période dans sa vie où il avait collectionné les couches d’un soir, profitant de sa force et de son naturel dragueur pour s’attirer les demoiselles. Il avait eu beaucoup de plaisir, il ne pouvait pas le nier. Seulement… seulement cela s’arrêtait dès le lendemain. Pas d’envie de rester, pas d’envie de se coller à lui plus longtemps. Il avait cherché des femmes seulement pour le plaisir de la chair, il n’avait donc eu droit qu’à cela. C’était stupide, mais il avait compris il y a longtemps de cela, même si c’était trop tard. À présent il était seul et parfois le désir de partager sa vie avec quelqu’un revenait en surface. La vie de couple avait toujours été compliquée pour lui, trop énervé quand il était jeune. À présent il se sentait vieux, plus sage et pourtant… rien. Au final, à part avoir une idée de ce qu’il ressentait, il n’était pas plus avancé que Bruno. Cette pensée lui serra l’estomac et il recula de quelques pas, laissant plus d’air à son homologue. Le crème était peut-être détestable, mais il avait fait beaucoup de choses pour lui. Même lorsqu’ils s’étaient rencontrés la première fois, il l’avait protégé et s’était montré beaucoup plus ouvert à l’hôpital. Le Blindépique se demanda ce qui pouvait bien attirer son homologue chez lui, outre le fait qu’il passait pour un con devant lui, il n’avait rien de spécial. Enfin… si on oubliait le fait qu’il était le premier à qui il avait osé s’ouvrir. Pendant quelques secondes, le Blindépique se mit à se demander si les actions emmerdantes de son ami étaient là simplement pour attirer son attention… ce qui fonctionnait plutôt bien au final.

Lorsque Bruno était plein de racines, il aurait pu très bien s’en défaire tout seul. Mais non, il avait préféré qu’il le fasse. Il avait voulu de sa protection contre les Blindépiques. Il s’en était voulu pour sa blessure alors que Cogneur ne l’en croyait pas capable. Il avait… nettoyé sa barbe comme si de rien n’était. Il lui avait préparé de quoi le soulager de sa migraine. Il l’avait empêché de se faire écrabouiller le cerveau. Il avait tenté de l’éduquer sur sa culture. Il y avait aussi toutes les fois où il avait fait son intéressant et avait été désagréable, mais Cogneur ne pouvait plus le voir de la même façon à présent. Bruno avait fait plus que toutes les femmes qu’il avait rencontrées réunit. Cette constatation fit naitre au fond de son esprit deux avis contraires, qui se battaient avec force. Bruno était plus proche et au final plus agréable, en termes d’action, il battait à plate couture les femelles qui avaient croisé sa route. Au départ le marron ne savait pas quoi penser de lui, mais tout ce qui s’était passé aujourd’hui avait fait en sorte… qu’il l’aimait bien.

-‘ … Je… huh… ‘

Le grand Cogneur semblait être pris au dépourvu et c’était le cas. Il fixait toujours son homologue, mais toutes sortes d’émotions passaient en même temps dans ses pensées et cela se voyait dans ses yeux. Il restait comme ça, debout et stoïque. Le chromatique ne pouvait s’empêcher de voir le crème d’un autre angle, passant son regard de haut en bas. Son cœur se débattait dans sa poitrine alors qu’il tentait de reculer de nouveau. Son corps ne réagissait plus à ses demandes incessantes, il ne voulait plus bouger. C’est lui où il commençait à avoir chaud ? Il posa une main sur son torse et se rendit compte qu’il était en sueur, et ce, malgré la fraicheur de la nuit. Ce stress était en train de lui oppresser la poitrine, il devait partir, maintenant. Cogneur bougea légèrement son pied droit, mais ce fut tout, son esprit était en ébullition et ne voulait pas se concentrer sur des mouvements. Pourquoi est-ce que cela le mettait dans cet état ? Dans une situation plus normale, il lui aurait collé son poing dans la figure ou serait parti en courant. Il fallait avouer que la deuxième option était plus que tentante, mais il était toujours incapable de partir. Les jambes un peu molles, il se demandait ce qui se passait dans son crâne. Ce cœur qui battait si vite, il avait besoin de respirer plus que ça.

Il est où le problème, Cogneur ?

Surpris de sa propre interrogation, il reposa son regard à terre, cherchant des réponses rapidement. Le problème ? Merde, un mec était amoureux de lui ! Il n’avait rien contre les homosexuels, mais… ce n’était pas supposer être son truc. Ce qu’il aimait c’était… les minettes bien roulées. Un peu trop cliché. Il passa une main sur sa tête, pris au dépourvu de nouveau. Il ne comprenait toujours pas ce qui se passait dans son esprit. Pourquoi pensait-il à cela, tout simplement ? C’était stupide et pas nécessaire, il savait bien ce qui l’attirait. Cogneur commençait à avoir peur de lui-même, alors qu’une pensée dominante commençait à faire son chemin dans son esprit. Wow wow, doucement. Il fallait vraiment qu’il parte, il avait des drôles d’idées qui commençaient à apparaitre dans ses pensées. Comme le fait que Bruno était intéressant.

Tu ne sais pas si tu n’essaies pas, pas vrai ?

Il s’étouffa avec sa salive, réfrénant cette pensée. Il n’avait pas besoin d’essayer pour savoir, il n’avait aucune attirance pour le genre masculin, encore moins pour le Blindépique. C’était quoi cette merde, un mec lui avouait qu’il se sentait bien près de lui et il perdait la boule ? Combien de personnes lui avaient dit cela, au final ? Personne à part la famille. Bruno était… le premier à montrer autant d’intérêt autre que le plaisir que pouvait apporter son corps. Foutre dieu, il ne devait même pas savoir ce que c’était non plus ! Le crème était en train de l’empoissonner, ce n’était pas possible. Les muscles du Blindépiques se mirent à gonfler alors qu’il relevait la tête vers son homologue, la colère se lisant dans ses yeux. Tout était de sa faute, entièrement de sa faute. À cause de lui, il était en train de changer, et pas en bien. D’abord il acceptait de marcher sur son orgueil, ensuite il voulait faire mumuse avec la forêt et apprendre à l’entendre et là… là il …

-‘ BORDEL ! ‘

Cogneur avait l’impression que son corps était traversé par des chocs électriques, celui-ci parcourant rapidement les quelques pas qui le séparait de Bruno. Il posa les deux mains sur ses bras et le plaqua encore plus contre l’arbre, collant son corps au sien. Front contre front, cette fois-ci il n’y avait rien par rapport à la méditation. La seule chose que le crème pouvait vraiment voir, c’était son regard fou de rage. Il se fichait bien que personne ne lui ait autant accordé d’attention, il n’en voulait pas. Le grand Cogneur n’avait besoin de personne, encore moins de lui. Il était puissant et sans peur, inflexible. Il avait honte. Honte que, pendant quelques instants, l’idée qu’il avait envie de plus lui ait traversé l’esprit. Bruno n’aurait aucun mal à sentir son cœur à travers sa couche de muscle, il était en train de devenir fou et donnait l’impression de se jeter partout dans la cage thoracique.

-‘ Tu.. tu… ‘

Il soufflait comme un bœuf, incapable de trouver les mots justes pour exprimer ses sentiments. En ce moment il était comme son homologue, incapable de se comprendre lui-même. La honte se mélangeait à présent à la peur. Pourquoi la peur ? À part les hauteurs et perdre ce qu’il avait de plus précieux, il n’avait peur de rien. La réalité est qu’il avait peur de ce qui se passait dans sa tête. Poussant un long grognement, le Blindépique se surprit à regarder de plus près le visage de son homologue, sentant qu’il perdait déjà le contrôle de son corps et de son esprit. La rage se faisait moins importante dans son regard alors que ses pensées se battaient entre elles, son corps tremblant sous la pression qu’il ressentait en ce moment même. Un geste et il saurait. Un geste qui allait lui coûter beaucoup d’amour propre. Personne ne saurait sauf lui et Bruno. Bahia ne le saurait pas, Edward ne le saurait pas. C’est lui qui allait devoir vivre avec, mais c’était plus facile que si les autres étaient au courant de son problème. Son cerveau eut un bug et d’un coup, il fit glisser sa tête légèrement, son esprit s’emballant alors qu’il posait un geste qu’il sentait qu’il allait vite regretter.

Il posa ses lèvres sur celles de Bruno.

Sur le coup, il crut qu’il allait s’évanouir. Comment ce faisait-il qu’il était dans cette situation ? Sa tête lui hurlait de reculer, qu’il pouvait encore se défaire de cette erreur. Mais c’était impossible. Il était complètement perdu, ses mains se mettant à glisser le long des bras de l’autre, s’agrippant à ses hanches pour le serrer plus proche. Ils étaient complètement collés et Cogneur n’en revenait toujours pas, comme si sa conscience flottait en dehors de son corps. C’était terminé, il avait embrassé un mâle. Ça le suivrait à vie, il le savait. Il… ressentait du dégoût. Pas du dégoût parce qu’il était en train d’embrasser Bruno, non. Du dégoût parce qu’il ressentait du plaisir à ce geste. C’était pire, pour lui. Il venait de se prouver qu’il avait tort et la peur qui courait dans son esprit mettait le feu à ses dernières résistances. L’humain avait tellement eu d’influence sur lui qu’il était incapable d’accepter cette réalité, le corps toujours tremblant. Il n’osait même plus relâcher la pression, se surprenant à pousser l’expérience plus loin en faisant glisser sa langue sur les lèvres closes de l’autre, comme s’il cherchait à avoir accès à la sienne. Au final c’était le cas, à présent il était sale, autant aller jusqu’au bout, pas vrai ? Que dirait donc Edward en le voyant… Cette pensée l’emplit de tristesse et ce ne fit qu’agrandir le dégoût, qui contrastait étrangement avec le petit plaisir et la sensation d’engourdissement qu’il ressentait. Cela faisait… tellement longtemps qu’il n’avait pas eu droit à cela. Son corps lui criait son manque et se fichait bien que ce soit mâle ou femelle, il voulait juste de la chaleur… et Bruno était bien placé pour lui en donner. Il avait cru qu’il pourrait se passer de ce genre de chose, mais non. Il se sentait à la fois bien et mal. À présent il devait faire avec, restant blottit contre Bruno. Au final, qu’avait-il réellement de mal à cela ? L’homme l’avait-il perverti au point qu’il était fermé à plein de choses ? C’était trop difficile de réfléchir en ce moment, tout partait dans tous les sens. Il n’y avait plus de pensées logiques, justes une envie et un plaisir. Il comprenait un peu ce que son homologue voulait dire, au final.

Alors, Cogneur ?

Ta gueule. Juste… ta gueule.


La voix dans sa conscience se tut, néanmoins satisfaite. Cogneur était toujours tremblant, prenant de grandes respirations alors qu’il ne lâchait toujours pas les lèvres du crème, profitant de ce plaisir qui le rendait coupable.

_________________



Cogneur  *  RubisEl Santo  * Dent Tranchante * Alphonse * Storm
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Berndt Joachim
Soumise de Cogneur
avatar

Messages : 119
Date d'inscription : 07/08/2014

Equipe Pokémon
:

MessageSujet: Re: Les brioches, le retour. [Nounours Grincheux][Terminé]   Mer 10 Sep - 23:07



Cogneur devenait décidément trop bizarre aux yeux de Bruno. D'autant plus étrange que son homologue le traitait lui de zarbi, sans doute il essayait de faire passer sa propre folie pour celle d'un autre. Sa respiration forte, ses mouvements confus, il n'était clairement pas dans son assiette. Bruno baissa un peu la tête pour tenter de regarder le visage de celui qui lui détournait le sien. Qu'est ce qui ne pouvait pas aller chez lui ? Il se vexait à cause du réquisitoire qu'il venait de subir ? Ca lui ressemblait bien, le marron aimait bien avoir raison en général.

Ce qui était le plus triste ? Bruno avait des raisons d'être triste ? Il ne comprenait pas où il voulait en venir. Puis l'illumination par les paroles du marron. Il ne savait pas reconnaître l'amour. Les yeux de l'ancien gardien doublèrent de taille aussitôt, emplis d'incompréhension. Pouvait-il être amoureux, lui ? N'était-ce pas pêché aux yeux de ses précédents gages ? Toute sa vie, il avait réussi à se détacher des liens affectifs terrestres pour communier pleinement avec la nature. Pas d'amour, ni même d'amitié réelle. Il en avait eu un aperçu en observant ceux qu'ils protégeaient. Deux êtres qui se regardent comme si la vie de l'autre valait autant que toutes les richesses du monde. Deux êtres qui se vivent, partagent tout ensemble. Deux êtres qui se câlinent et s'embrassent. C'était donc ça qu'il ressentait avec Cogneur ? L'envie de communier avec lui plutôt qu'avec la forêt ? Le déserteur se blâma intérieurement d'avoir acquis une telle faiblesse. Bien que démis de ses fonctions, les serments qu'il avait prêtés restaient ancrés en lui et la simple idée d'avoir brisé une deuxième des règles sacrées au plus haut point le minait un tout petit peu. Autant l'amitié, il se pardonnait, mais l'amour... Ses maîtres lui avaient toujours dit qu'il rendait faible, mou et obscurcissait le jugement : trois grands défauts qu'un gardien ne devait jamais acquérir... Mais il n'était plus un gardien. Est ce qu'il pouvait enfin se laisser aller à une vie tranquille de mollesse mais de joie ?

Cogneur avait beau avoir relâché sa pression, le crème avait toujours l'impression d'avoir dix tonnes qui lui écrasaient les pectoraux et rendaient difficile sa respiration, le forçant à accélérer les petites bouffées d'air en plus de lui donner chaud. Et au final, c'étaient les deux Blindépiques qui se regardaient les yeux déconcertés et plein d'interrogations intérieures. Bruno se demandait bien ce à quoi pouvait penser son homologue. Il n'était astreint par aucune éducation préalable comme celle des gardiens, pourquoi était-il si mal à l'aise que quelqu'un l'aime ? Etait-ce un tabou pour lui ? Aimait-il une autre personne et refusait les marques d'affection des autres ? Tout ça n'amusait plus du tout l'Epinarmure qui ne pensait qu'à une chose maintenant, partir pour potasser ses réflexions philosophiques sus citées. Le regard colérique de l'autre accentuait encore plus son envie de se carapater, mais pour aller où ? Il ne savait pas où était son dresseur et ne pouvait pas non plus errer sans but dans cette ville hostile. D'autant plus qu'il était bien dans l'humeur pour casser des choses, les humains ne le laisseraient pas aller loin.

Entre deux bégaiements, Cogneur plaqua une nouvelle fois Bruno contre le châtaigner, mais cette fois il était pris entre le tronc et le corps puissant et chaud du chromatique. Ce n'était plus de la proximité, mais de la promiscuité. La rage contenue dans les yeux du marron inquiétait grandement le crème qui commença à dégainer ses lianes, de peur d'avoir à se défendre. Ses bras étaient paralysés par la poigne de fer de celui qui le retenait. Sa fourrure chaude, son corps puissant et sa forte activité cardiaque auraient plu à l'égide sylvestre dans d'autres circonstances. A ce moment, il craignait plus d'avoir à retourner à l'hôpital que de savourer la douceur du corps qui le serrait. Les anciens gardiens avaient raison au final. Bruno se sentait faible de s'être laissé mettre dans une telle position qui l'empêchait de contre attaquer vigoureusement s'il était attaqué. Si ce n'avait pas été pour "l'amour", il n'aurait même pas laissé quelqu'un approcher de lui aussi prêt sans se méfier. Se préparant à la pire des trahisons, le regard du déserteur devint grave et déterminé et ses lianes de plus en plus fermes.

Puis la trahison vint. Extrêmement douce, chaude et d'une nature... inattendue. Cogneur collait ses lèvres contre les siennes ? Il l'embrassait comme faisaient ceux qui s'aimaient ? Est ce que ça voulait dire que Cogneur avait des sentiments pour lui ? La chaleur montait d'un seul coup. Son corps ne répondait presque plus, débranché par l'électrochoc du baiser. Bruno ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait mais l'intensité de son regard baissa d'une manière exponentielle alors qu'il était caressé par les bras posés sur ses hanches et ses lèvres embrassées. Ses lianes perdirent leur vigueur, retombèrent et finirent par se rétracter alors que des cris étouffés de plaisir s'invitaient à la fête. Bruno ne comprenait pas comment un simple geste pouvait lui faire autant de bien. Fermant les yeux, il savourait l'instant. Une présence nouvelle contre ses lèvres... La langue ? C'était comme ça qu'il fallait faire ? Ne sachant pas vraiment comment s'y prendre, le Blindépique décida de se laisser guider par l'instinct et Cogneur. Il ouvrit doucement la bouche pour accueillir le visiteur avec sa propre langue. C'était doux, mou et chaud mais surtout une source de plaisir que le crème ne soupçonnait même pas. Il ne pouvait pas retenir ses petits cris étouffés et les multipliait même avec le temps. Le temps lui fournissait également plus d'assurance. Sa langue, au départ hésitante, se faisait de plus en plus vigoureuse et ses mains virent se poser l'une contre la joue et l'autre contre le dos de celui qui l'embrassait.

C'était donc ça la faiblesse ? C'était d'une douceur extrême. Une source de plaisir intarissable. Toute sa vie, le gardien s'était démené pour rester fort et n'avait obtenu que l'indifférence des gens, ce qui lui convenait parfaitement. Mais qu'était la satisfaction du devoir bien fait comparé à ce que lui offrait Cogneur ? Rien. Bruno se moquait bien d'être faible. Il n'était plus partie intégrante de l'engrenage sylvestre. Il avait le droit de vivre pour lui et de profiter de ces instants. Il acceptait de devenir faible si c'était pour garder la compagnie du chromatique. Le baiser scellait le pacte qu'il venait de signer avec le diable. Il ne pouvait plus reculer maintenant.

Après de longs instants de tendresse, Bruno retira sa bouche de la force d'attraction qu'étaient les lèvres de Cogneur et entrouvrit les yeux. Il prit une grande inspiration alors que son coeur chavirait entre ce qu'il ressentait pour l'autre et le stress. Caressant la joue du marron, il s'apprêtait à murmurer ce qui lui tenait à coeur. La conclusion de tout cet apprentissage qu'il avait fait en compagnie du chromatique. Ce dernier avait été la seule personne qui se soit autant ouvert à lui, qui lui ai fait découvrir de nouvelles choses, avec qui et pour qui il s'est battu. C'était bien plus que pour sa couleur chocolat, ses muscles ou sa barbe. Bien plus. Il s'était attaché à la présence de Cogneur qui avait en si peu de temps comblé le vide affectif de toute une vie. Quoi de plus naturel que d'éprouver des sentiments pour un Blindépique aussi merveilleux ?

"C'est ça aimer ?... Si oui, je crois que... je t'aime."
Bruno osait espérer que son homologue le prendrait bien et partagerait même cette impression. Il avait eu un comportement très étrange avant de l'embrasser. Essayait-il de réfréner quelque chose au fond de lui ? Avait-il juste envie de lui montrer ce qu'était la sensation d'amour l'espace d'un instant puis revenir à leur relation initiale ? Bruno respirait faiblement et craignait pour la suite, les yeux baissés et à la fois regardant ceux de l'autre.

_________________





Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bahia/Oliver
Handicapée malchanceuse
avatar

Messages : 186
Date d'inscription : 07/08/2014

Equipe Pokémon
:

MessageSujet: Re: Les brioches, le retour. [Nounours Grincheux][Terminé]   Jeu 11 Sep - 0:48

Cogneur avait l’impression d’être branché directement à un courant électrique. Son corps était crispé et il pouvait sentir chaque muscle se contracter sous la pression. Qu’allait faire Bruno ? Pour l’instant, cela ne semblait pas vraiment le déranger. C’était à la fois un soulagement et une déception, quelque part il aurait presque voulu que son homologue le frappe et le repousse. De l’autre côté, cette pensée fut effacée lorsqu’il eut enfin un contact avec la langue de l’autre. Hésitant en sentant la bouche du crème s’ouvrir, il continua finalement ce qu’il faisait, s’invitant dans la bouche de son homologue. Sa langue faillit reculer sur le coup, comme surprise de se faire caresser par l’autre. C’était rugueux, un peu. Le Blindépique avait l’impression que son cerveau était en train de fondre, il ne se passait plus grand-chose dans son esprit en ce moment. Juste le plaisir, la chaleur et la moiteur des deux langues. Comme ensorceler, son cœur battait toujours à toute vitesse, celui-ci ne bougeant toujours pas. Un instant, c’était quoi ce bruit ? Cogneur sentit le bas de son ventre se contracter alors qu’il comprenait d’où venait l’espèce de couinement étouffé qu’il entendait. C’était Bruno qui faisait cela ? Le marron n’était pas sûr de comprendre, mais il savait une chose, les petits cris étouffés par sa langue avaient quelque chose… d’excitant ? La panique faillit s’emparer de lui sur le coup, le Blindépique n’appréciant pas vraiment que son corps réagisse de cette façon. Lui restait silencieux, tentant l’oreille pour écouter la satisfaction du crème, même s’il s’en sentait gêné. Heureusement sa fourrure empêchait de voir le feu qui lui prenait aux joues alors qu’il gardait les yeux bien fermés, trop honteux pour les ouvrir. Bruno, arrête de faire ce bruit. Le marron s’était remis à trembler légèrement, sur le point d’imiter son homologue. Heureusement pour lui, Bruno était en train de rompre le contact, lui redonnant par la même occasion le contrôle de son corps. Était-il réellement déçu de ne plus y avoir droit ? Il devait se ressaisir, Cogneur avait encore une chance de pouvoir partir et faire comme si de rien n’était. Le marron ouvrit lentement les yeux, posant son regard sur Bruno. Il sursauta, ne s’étant même pas rendu compte avant cela que celui-ci lui caressait la joue, trop concentré sur la langue et les cris étouffés. Tétanisé par la douceur du geste, le chromatique respirait comme s’il venait de sortir d’une longue plongée. Il était toujours en sueur et avait chaud, écoutant les paroles de son homologue.

-‘ … je… ‘

Il avait eu raison. Bruno l’aimait. Et lui, il ressentait quoi ? Il n’en avait aucune idée. C’était stupide, il avait dit à son homologue qu’il ne pouvait pas reconnaitre ses sentiments et au final il était celui qui ne se comprenait plus. Cette pensée ne resta pas bien longtemps dans son esprit. Que les mots ‘je t’aime’ sortent de la bouche de l’autre lui transperçait le cœur de part en part. À part sa famille, qui lui avait déjà dit cela ? Il ne s’en souvenait pas, en tout cas. Peut-être qu’une femme le lui avait dit dans une soirée de beuverie, à moitié ivre. Ça n’avait clairement pas le même impact que maintenant. C’était tout ce qu’il fallait pour achever complètement les murs du chromatique, qui avait les genoux sur le point de céder sous son poids. Je t’aime. Jeune, il avait rêvé longtemps de l’entendre. Il aurait probablement ri au nez de celui qui lui aurait dit que cela sortirait de la bouche d’un mâle. Cela ne changeait rien au fait que cela lui réchauffait le cœur, même s’il n’aimait pas cela. Je t’aime. Plutôt que de répondre à Bruno, il reprit sa poigne sur lui et se laissa simplement retomber vers l’arrière. Il l’entrainait dans sa chute, sa carapace tombant lourdement au sol. Sur le coup il dut se retenir de crier : il avait oublié ses côtes douloureuses et en entrainant le crème avec lui, il était retombé sur son torse, là où c’était fracturé. Heureusement que les antidouleurs faisaient encore effet, il se serait probablement évanoui sous la douleur. Soufflant fortement du nez, il serra contre lui le corps allongé de Bruno, se rendant compte à présent que la taille entre eux était d’une bonne différence. La douleur disparaissait déjà, emportée par autre chose.

-‘ …. ‘

C’était trop dur pour lui. Une partie de son esprit le voulait, mais c’était trop tôt pour demander à Cogneur de dire une telle chose. Il était trop mal à l’aise et incertain de ce qui se passait. Il espérait que Bruno comprendrait ou qu’il prendrait son geste pour une réponse, le chromatique le laissant se blottir contre son corps. Il fallait avouer que ça faisait un peu bizarre de l’avoir au-dessus de lui, sentant une nouvelle bouffée de chaleur lui remonter du ventre. Non non, un peu de contrôle. Il n’était pas un ado pré pubère qui s’excitait à rien, il était un adulte avec beaucoup d’expérience. Réfrénant le tout, Cogneur posa les, mais sur le dos de l’autre, écrasé par son corps. Il réfléchissait trop, il voulait déconnecter de nouveau. Le marron chercha donc à reprendre le contact avec les lèvres de Bruno, voulant encore sentir ce plaisir et entendre les bruits qu’il faisait pendant. Cogneur colla la tête à la sienne, retrouvant sans problème le chemin jusqu’à sa langue. Il pouvait faire cela pendant des heures, le plaisir qu’il ressentait était grand et surtout addictif. Le chromatique joua un peu avec, laissant ses bras descendre d’un niveau et caresser les côtes de son homologue. Sentant la chaleur remonter de nouveau, il s’arrêta, rompant le contact avec la bouche de Bruno. Essoufflé, il prit finalement la parole, son ton de voix rappelant étrangement un enfant effrayé et triste.

-‘ On me l’avait jamais dit avant. ‘

C’était dit. La honte. Il espérait que cela ferait oublier à Bruno sa difficulté à faire de même, le chromatique faisant déjà d’énormes efforts en ce moment. Il le regarda quelques secondes dans les yeux, avant de baisser la tête et d’essayer de la glisser sous son menton, essayant de se cacher de lui en se blottissant dans son cou. Non c’était trop dur, il en voulait encore. Son corps s’en était passé pendant longtemps, maintenant il profitait le plus possible. Cogneur recula la tête après ses quelques secondes collées sous son menton, essayant de s’approcher pour un autre baiser. La langue, les bruits, la chaleur, son corps. C’était en train de lui faire tourner la tête. Au dernier instant il migra des lèvres au cou de nouveau, cette fois-ci pour le lécher. Qu’était-il en train de faire ? Il ne le savait même pas lui-même. Il savait seulement qu’il adorait se faire embrasser et lécher l’intérieur du cou, alors il se disait que Bruno risquait d’aimer aussi. Le chromatique n’avait même plus peur, la honte restant néanmoins au fond de son esprit. Il avait perdu le contrôle et ce n’était plus possible de le reprendre pour l’instant, temps qu’il ne s’éloignait pas du crème. Ses mains se posèrent sur son torse, chatouillant celui-ci un peu au passage. Cogneur soufflait toujours comme un bœuf, laissant sa langue rugueuse se frotter à la fourrure et à la peau de l’autre. Il se demandait comment il allait réagir à cela… c’était la première fois qu’on devait le caresser comme ça. Incapable de réfléchir plus longtemps, il continua simplement ses gestes, oubliant le temps qui défilait et le rapprochait du moment où il allait devoir enfermer Bruno dans sa ball.

Il n’y avait que lui et Bruno, à présent.

-' ... Re...reste... près... près de ... moi. '

_________________



Cogneur  *  RubisEl Santo  * Dent Tranchante * Alphonse * Storm
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Berndt Joachim
Soumise de Cogneur
avatar

Messages : 119
Date d'inscription : 07/08/2014

Equipe Pokémon
:

MessageSujet: Re: Les brioches, le retour. [Nounours Grincheux][Terminé]   Jeu 11 Sep - 23:35



Le silence. C'était à la fois inquiétant et réconfortant. Au moins ce n'était pas un non tranché, empli de dégoût. Le silence laissait entrevoir des possibilités. Mais finalement, Bruno tomba de haut... au sens premier du terme. Il ne s'attendait clairement pas à ce que Cogneur relâche son emprise et l'emporte dans sa chute. Cette dernière se termina sur le corps vigoureux par les muscles et doux par la fourrure du chromatique. Un véritable matelas vivant, chaud et aimant. L'autre avait beau ne pas avouer ses sentiments, ses gestes le trahissaient. Il ne perdit pas de temps pour retourner goûter aux lèvres de son homologue, au plus grand plaisir de son dernier. Bruno, bien confortable contre la montagne puissante qu'il avait contemplé toute la journée, continuait à exprimer son plaisir par des couinements étouffés entre les baisers. Il n'attendait plus sa réponse à travers des mots. La tendresse et la proximité dont faisaient preuve Cogneur lui donnaient l'impression que ses sentiments étaient partagés. Il n'avait pas été aussi heureux depuis très longtemps. Avait-il déjà été aussi heureux ? Maintes fois dans sa vie, il avait ressenti de la satisfaction mais pas d'une telle nature. Il avait été satisfait d'avoir mené à bien ses missions, sauvé la forêt... Mais il n'avait jamais été réellement content pour lui même. Ce soir la, il n'y avait que lui. Son plaisir égoïste et celui qu'il semblait offrir à celui qui le câlinait. Il sentait d'ailleurs ses mains venir le caresser au niveau des côtes. Bruno, lui, massait la joue gauche de celui qui l'embrassait et gardait son bras droit pour se maintenir en place. Cogneur avait beau être grand et massif, un mouvement de trop et le crème risquait de tomber sur le côté, chose qu'il tenait à éviter.

Au détour d'un baiser, Cogneur avoua que c'était la première fois qu'on lui avouait des sentiments. Alors comme ça il n'avait pas tout vu tout vécu ? Bruno ne comprenait pas que personne ne lui ait jamais tendu sa main : le marron avait tout pour lui. Tant pis pour les autres, maintenant c'était lui qui avait récupéré sa tendresse. Il n'allait pas s'en plaindre, bien au contraire. Alors que l'autre passait sa tête en dessous de son cou, Bruno en profita pour poser ses lèvres sur son front. Puis il sentit une présence bizarre dans son cou, le marron le dévorant. Fermant les yeux, le crème expira de plaisir et se mit en bonne position pour faciliter le travail de Cogneur. Du coup, il n'avait plus de bras de libre pour lui rendre sa tendresse, mais il le ferait plus tard.

"Je reste..."
Rester prêt de lui ? C'était ce qu'il avait le plus envie ce soir la. C'était presque un truisme que de lui répéter. Ce qui l'étonnait le plus était la faiblesse dans la voix de son homologue, trahissant ses réelles émotions. Il était bien loin le grand et fier géant qui se cachait derrière une carapace d'orgueil. Profitant que ce dernier ait quitté son cou, Bruno descendit le long de son corps pour lui rendre la pareille en dévorant aussi le cou de Cogneur en prenant plus appui sur le corps de celui qu'il câlinait. Ainsi, il aurait un bras supplémentaire pour lui caresser le cou la ou il n'était pas en train de le manger. Il prenait un plaisir fou à découvrir les parcelles du corps de l'autre. Il sentait si bon, était si doux au toucher. Un véritable délice des sens. Et après un peu de tendresse, il se releva et s'assit sur le ventre de celui qu'il aimait pour lui caresser les pectoraux. Cette force, cette vigueur qui s'en dégageait... C'était enivrant. Il se sentait en sécurité à ses côtés et était inspiré par sa puissance. La magie de ce qu'il vivait lui faisait oublier que ce moment ne serait qu'éphémère et qu'il aurait bientôt à retourner dans sa Pokeball auprès de Joachim. Mais il lui ferait moins la gueule qu'auparavant. Sans lui, il n'aurait jamais pu tomber sur Cogneur ni vivre ce qu'il était en train de vivre. L'homme méritait bien un peu de répit... Mais ce n'était pas pour autant qu'il allait le laisser le commander. Ah ça non.

Après un peu de temps à masser le corps musclé du colosse, Bruno se laissa à nouveau tomber contre lui et ferma doucement les yeux, écoutant les battements de son coeur. Une douce berceuse couplée à un doux et chaleureux matelas. Il se sentait tellement bien qu'il pourrait s'endormir dans une telle position. Déjà, il se laissait aller et sa respiration ralentissait alors qu'un sourire satisfait se dessinait sur son visage.

_________________





Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bahia/Oliver
Handicapée malchanceuse
avatar

Messages : 186
Date d'inscription : 07/08/2014

Equipe Pokémon
:

MessageSujet: Re: Les brioches, le retour. [Nounours Grincheux][Terminé]   Ven 12 Sep - 2:16

Évidemment qu’il resterait, c’était stupide de le lui demander. Il n’y avait plus de logique dans le crâne de Cogneur, juste de vagues pensées et surtout des sentiments qui hurlaient leurs envies et prenaient le contrôle de tout son corps. Au départ il se battait pour essayer de rester sain et s’enfuir, mais maintenant il n’avait plus la force de le faire. Il se sentait comme un enfant, le lourd bouclier qu’il tenait d’habitude tombant en même temps qu’il touchait les lèvres de l’autre. Pas besoin de se prendre pour quelqu’un d’autre, son homologue appréciait ce qui se trouvait en dessous. Le marron était là, au sol, à accepter que celui qui l’emmerdait autant la première fois lui lèche le cou maintenant, son corps collé contre le sien. Expirant fortement par le nez, il rejeta la tête vers l’arrière en ayant une seule pensée : tant pis. Il avait mis son doigt dans l’engrenage et au final, ça lui plaisait. Le crème était doux et curieux, mais surtout, il se dégageait de lui une aura bienfaitrice que le Blindépique ne se voyait pas repousser. Déglutissant avec difficulté, le dégoût qui occupait son esprit se faisait moins rageur, comme si sa tête acceptait lentement le plaisir qu’il ressentait. Il était… bien. Pourquoi se préoccuper du reste ? Bruno l’aimait vraiment, l’amour qu’il recevait lui mettait un baume sur le cœur. L’humain avait eu trop d’influence sur lui, il n’avait pas envie d’être pris dans leurs règles invisibles. Il ne s’était jamais intéressé au genre masculin avant, mais était-ce vraiment un problème ? Sa tête était en train de tout mettre de côté, laissant un vide dans son esprit… qui fut vite comblé par la tendresse de son homologue. Il ne pouvait pas nier que c’était agréable d’avoir quelqu’un d’aussi proche qui s’occupait de lui, ils avaient au final tous deux l’habitude de protéger les autres et vivre pour eux. Cogneur en avait profité plus, mais au final, personne ne s’occupait vraiment de lui, à part Bahia. Aujourd’hui il avait droit de relaxer et avait même droit à des petits gestes de tendresse. Quoi demander de plus, au final ? Le marron serra les dents, respirant rapidement par le nez. Bruno venait de toucher un point sensible, à savoir le dessous de menton. Ressentant un certain plaisir et une chaleur assez forte, le Blindépique se retenait de faire des couinements comme son homologue. Ça le rendait beaucoup trop mal à l’aise, il voulait garder le silence. Il espérait presque qu’il finirait bientôt malgré le bienfait que cela lui faisait, ayant du mal à se retenir.

-‘ Qu… qu’est-ce que tu… ‘

Bruno venait de s’asseoir sur son ventre et le marron ouvrit grand les yeux, fixant son homologue, la bouche à demi ouverte. Que voulait-il faire ? Cogneur ramena complètement sa tête et observa avec surprise le crème se mettre à lui masser le torse. Essayant de ne pas rester crisper, le chromatique était incapable de calmer sa respiration, celle-ci s’accélérant alors qu’il croyait qu’elle était déjà au maximum. Le combattant gardait obstinément sa bouche close, sentant la douceur de ces mains sur ses pectoraux. Le crème ne devait pas se rendre compte de l’effet que cela avait sur son corps, des frissons le parcourait complètement depuis qu’il avait commencé. Oh non, il fallait qu’il arrête tout de suite, Cogneur sentant la panique se jeter partout dans son esprit. Arrête, maintenant. C’était beaucoup trop agréable, il n’en voulait plus. Le combattant ouvrit les lèvres une première fois, mais il laissa échapper le couinement qu’il retenait, refermant immédiatement la bouche, à la fois de gêne et de honte. Le marron avait peur que Bruno se rende compte de l’effet que cela lui faisait, celui-ci commençant à gigoter légèrement, mal à l’aise. Il ouvrit la bouche une deuxième fois, cette fois-ci gardant le contrôle sur ses cordes vocales.

-‘ A… arr… ‘

Pas besoin de terminer sa phrase, le crème avait arrêté de lui-même. Ouf. Cogneur se retint de souffler, laissant Bruno se remettre confortablement contre lui. C’était mieux ainsi, il espérait que son homologue continuerait sur cette voie, son corps se calmant lentement. Il souffla de nouveau du nez, n’osant pas trop regarder son homologue. Seulement celui-ci ne bougeait plus vraiment alors il décida de jeter un coup d’œil rapidement, posant son regard sur lui. Il… dormait ? Non, il n’aurait pas eu le temps de s’endormir en un aussi court laps de temps. Bruno semblait détendu et cela eu de l’effet sur le marron, qui commença lui-même à se calmer, sa respiration prenant un rythme presque normal. Voilà qui était mieux. Ce sentait plus à l’aise, il laissa ses bras retomber de chaque côté de lui, relevant la tête pour regarder le ciel au-dessus. Au final tout ce qu’il voyait, c’était les feuilles du châtaignier. Il voyait même les châtaignes dedans. Un léger sourire étira son visage et il reposa de nouveau son regard sur son homologue, qui avait fermé les yeux. Il était… mignon, comme ça. Un instant, à quoi il avait pensé ? Rien, rien du tout. Se retenant de se secouer la tête, il attrapa la carapace de Bruno et le fit remonter un peu, juste pour pouvoir s’appuyer la tête sur la sienne. Restant dans cette position, il décida de fermer les yeux aussi, le silence reprenant dans la forêt vide. Combien de temps restait-il ? Vingt minutes ? Cogneur préférait ne pas y penser. Malgré cela, il devait parler un peu avec son homologue, levant les bras pour poser ses mains sur la tête de l’autre. Il ne voulait pas le déranger, mais c’était important, le combattant reprenant son comportement fébrile. C’était idiot et il se sentait faible dans cette position, mais il aimait trop la situation pour réellement essayer de reprendre sa carapace d’orgueil.

-‘ Bruno. ‘

Merde. Il essayait d’être aussi assuré que d’habitude, mais c’était impossible. Déglutissant avec difficulté, il avait du mal à garder son regard dans le sien. Il attendit quelques secondes de se calmer et, voyant que cela ne changeait rien, reprit de nouveau la parole.

-‘ … Je… je pourrais… revenir te chercher dans deux jours. … Hum… ça te dirait de… j’sais pas… d’aller à la… plage ? ‘

Est-ce qu’il était en train de lui demander un rendez-vous ? Ptain il avait plus vingt ans, c’était quoi cette connerie. Il ne faisait que lui demander où il voulait aller la prochaine fois qu’ils se voyaient, qu’il puisse s’organiser d’avance. Pourquoi la plage ? Il aimait bien ce genre d’endroit, le sable était chaud, la mer avait quelque chose de relaxant et la nuit c’était plutôt tranquille. Qui ferait attention à deux Blindépiques dans le coin ? À moins que…

-‘ … Sauf… sauf si tu veux revenir ici. ‘

Ce qui n’était pas plus mal. Le Jardin botanique était immense, il y avait encore beaucoup à visiter. Seulement… seulement il n’avait plus envie de bouger pour ce soir. Le marron voulait juste rester coller contre Bruno, profitant de son amour et de sa chaleur. Cogneur savait qu’il ne restait pas beaucoup de temps, il ne pouvait pas se douter que Chayton serait en retard pour certaines raisons. Cogneur continuait de regarder son homologue, attiré à chaque fois par ses lèvres. C’était presque instinctif, il passait de son regard à ses lèvres et remontait à ses yeux ensuite. Non il ne voulait pas l’avouer, mais c’était addictif. Néanmoins le marron n’osait plus s’approcher de sa bouche, il avait peur que son corps s’emballe de nouveau et que Bruno s’en rende compte. Ce serait beaucoup trop honteux. Passant rapidement sa langue sur sa lèvre inférieure sans s’en rendre compte, le Blindépique gigota un peu, glissant sa main sous sa carapace. Il cachait plusieurs choses là-dedans, la ball de Bruno, sa montre et… un collier. Le même que celui de Bahia. Enfin, qu’elle avait avant. L’autre elle l’avait donné sans le vouloir à ce stupide Zodiac roux qui l’avait probablement mis à la poubelle dès qu’il le pouvait. Cette pensée aurait pu le fâcher dans une autre situation, mais il n’y pensa que deux secondes, l’esprit occupé par autre chose. Le Blindépique déposa le collier sur son torse, juste devant la tête de Bruno. C’était simplement une chaine avec la grande plume de Corboss au bout, qui appartenait à son grand ami Abîme. L’oiseau était décédé il y a presque dix ans de cela, de maladie. Sa perte avait créé un grand trou dans la famille du Blindépique et chacun d’entre eux avait une plume reçue de sa part avant sa mort. Heureusement il y en avait d’autres à la maison, Bahia avait de quoi en confectionner un autre… et lui aussi. Il ne le portait pas simplement parce qu’il avait peur de le perdre, se disant que Bruno était plus délicat que lui et qu’il garderait un meilleur œil dessus. C’était un cadeau de grande valeur sentimentale, il le donnait à Bruno en espérant que cela rattraperait son manque de mot et surtout, que cela le rassurerait avant qu’il reparte auprès de Joachim.

-‘ À toi. ‘

Pas plus que cela, il était trop gêné. Il accompagna les deux mots d’un mouvement de tête, pointant le collier qui reposait sur sa fourrure. Pourquoi lui faire un cadeau ? Au final il ne le savait pas vraiment, ça lui était venu comme cela. Ça l’aiderait peut-être à endurer le barbu. Comment ? Aucune idée, il n’y avait rien de logique dans sa tête de toute façon. Respirant rapidement, il attendait de voir ce que Bruno allait faire, son regard glissant toujours de temps en temps sur le reste de son visage.

_________________



Cogneur  *  RubisEl Santo  * Dent Tranchante * Alphonse * Storm
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Berndt Joachim
Soumise de Cogneur
avatar

Messages : 119
Date d'inscription : 07/08/2014

Equipe Pokémon
:

MessageSujet: Re: Les brioches, le retour. [Nounours Grincheux][Terminé]   Ven 12 Sep - 23:31



Cogneur agissait bizarrement lors du massage. Bruno sentait la tension en lui alors qu'il lui caressait les pectoraux. Evidemment, il y avait aussi le coeur dans cette zone : ses battements trahissaient un peu l'état d'esprit du Blindépique couché. Est ce que ça lui faisait mal et il n'osait pas le dire ? Ou bien aimait-il mais refusait de se l'avouer ? Tout ce que le crème put percevoir était le cri étouffé de celui qu'il caressait. La voix grave de Cogneur donnait de la majesté à même ces plus petits couinements. C'était très agréable pour l'oreille de l'Epinarmure assis qui finit par se blottir contre celui qu'il aimait alors que celui-ci lui demandait justement d'arrêter. Etait-ce trop gênant pour lui que d'exprimer son plaisir ? Ou peut être que ça ne se faisait pas... Doutant des coutumes et de la bonne conduite dans ce genre de situations, l'ancien gardien ne savait pas trop quoi penser. La calme relaxation fut troublée par la démonstration de force du chromatique. Réveillant le crème de son sommeil éveillé, il le tira afin de le remonter. Ainsi, la tête de Bruno ne siégeait plus contre la fourrure chaude et douce des pectoraux de son amant mais auprès de la tête de ce dernier. Ce n'était pas plus mal ainsi. La berceuse du coeur était remplacée par celle du souffle chaud et réconfortant. Bruno aurait voulu pouvoir tenir la main de l'autre pour savourer encore plus l'instant présent, mais cette dernière était trop occupée à lui maintenir la tête.

Un rendez vous ? Dans deux jours à la plage ? Bruno sourit tout en plissant légèrement les yeux. Cette nouvelle l'emplissait de bonheur : la simple idée que de telles soirées soient reproduites lui réchauffait encore plus son coeur déjà en ébullition. C'était une preuve que Cogneur l'appréciait beaucoup et ça lui suffisait pour être heureux. La plage ou ici ? Ca lui était égal. Peu importe le lieu, il voulait juste être avec celui qu'il aimait. Bon, il y avait quelques endroits qu'il préférait éviter comme l'intérieur d'un cratère ou encore à la banquise mais le colosse ne l'emmènerait jamais la bas. Il était cependant utile de mentionner que Bruno n'avait jamais mis le pied sur la plage. Trop attaché à sa forêt natale par profession et par amour, il ne l'avait jamais quittée. Il avait entendu dire par d'autres personnes ce qu'était le bord de mer et en avait une idée préconçue. Ca pouvait être une découverte de plus qui irait étayer la culture du crème.

"J'ai jamais été à la plage..." répondit-il.
Il osait espérer que l'effusion de joie dont il avait fait preuve avait été comprise comme un signe d'acceptation du rendez vous. De plus, ce renseignement donné à son amant l'aiguillerait surement sur le choix du futur lieu de tendresse. Etrangement, le déserteur avait beau être celui qui découvrait la beauté des sentiments, il était celui qui s'exprimait avec le plus d'aisance. Contrairement à Cogneur qui était dans le paradigme de l'étiquette humaine, de la gêne et de la retenue, Bruno laissait sa spontanéité faire à sa place. Il agissait puis réfléchissait. Certes, il avait peur de faire quelques boulettes, mais il ne le remarquait généralement que trop tard. Néanmoins, il restait dans le questionnement quand il vit le colosse fouiller et gesticuler pendant un petit moment. Que cherchait-il donc ? Après une attente qui paraissait interminable aux yeux du crème, le marron finit par sortir une chaîne sertie d'une plume d'un noir plus sombre que la nuit. Posant le bijou sur son torse, Cogneur ajouta un "A toi". Il lui offrait le collier ? Bruno était étonné et se souleva doucement en regardant l'objet avec curiosité. Que d'attentions et de cadeaux durant cette soirée. Il se sentait choyé même s'il fallait avouer qu'il n'avait pas la moindre idée de ce à quoi pouvait bien servir le collier. Son peuple en avait quelques uns, mais ils avaient surtout des usages durant les diverses fêtes et rituels de son peuple. Plus que de l’apparat, ces bijoux avaient un rôle dans la spiritualité et les coutumes des Blindépiques.

"Il représente quoi ?" questionna-t-il avant de soulever le bijou pour le contempler.
N'attendant pas sa réponse, il embrassa allègrement celui qui le gâtait. Il n'aurait pas sa réponse pour tout de suite s'il monopolisait ainsi les lèvres de l'autre. Peu importe, c'était bien plus plaisant de remercier d'une telle façon que d'attendre une réponse. Et le baiser durait tandis que le crème changeait de position tout en gardant le contact avec la bouche de son amant. Au départ caressant sa joue, il était remonté au dessus de lui, les deux pattes arrières posées de part et d'autres du corps massif du chromatique. De ses bras, il incitait Cogneur à prendre une position simili assise en le relevant. Ainsi, il pourrait s'asseoir a son tour contre lui et le câliner en mettant ses bras dans son dos une fois qu'il serait relevé. Le collier ne fut pas oublié dans l'histoire, une liane du déserteur le saisit avant de le ranger bien à l'abri sous son égide dorsale. Il servirait de souvenir. Quand Bruno se sentira seul et ennuyé auprès de son dresseur, il n'aura qu'à contempler le bijou en cachette pour se rappeler de cette soirée magique. La gêne s'installa cependant un peu : lui n'avait rien de tel à offrir à son homologue. Il osait espérer qu'il ne lui en tiendrait pas rigueur. Il lui caressa la joue, lui sourit avant de repasser à nouveau son bras dans son dos et de poser sa tête contre le cou cou et l'épaule du marron.

Le temps passait tellement vite quand on s'amusait. Bruno commençait déjà à entrevoir les changements de place des rares étoiles visibles dans le ciel. Il savait que bientôt il aurait à retourner auprès de Joachim. Mais ce n'était pas un drame, il n'aurait que 48 heures à attendre. De plus, il comprenait enfin pourquoi son dresseur était aussi heureux quand il était avec son professeur. Le déserteur se réjouit de partager enfin le même bonheur avant de fermer doucement les yeux.

_________________





Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bahia/Oliver
Handicapée malchanceuse
avatar

Messages : 186
Date d'inscription : 07/08/2014

Equipe Pokémon
:

MessageSujet: Re: Les brioches, le retour. [Nounours Grincheux][Terminé]   Sam 13 Sep - 1:55

Cogneur haussa les sourcils, surpris. Puis il se traita de stupide. La place d’un gardien était dans la forêt, pourquoi l’aurait-il quitté pour aller ailleurs ? Le marron baissa les yeux, relevant un bras pour se gratter la tête. Il réfléchissait encore moins que d’habitude avant d’ouvrir la bouche… la présence de son homologue aussi proche était en train de le rendre gaga, ce qui l’agaçait légèrement. Seulement cet agacement partait dès qu’il levait le regard sur lui, l’amour qu’il lisait dedans le rassurant énormément. C’était ce qui le clouait sur place, ses yeux et ses gestes. Son esprit cherchait encore à fuir, mais comment se débattre devant un tel sentiment ? C’était impossible pour le colosse de s’y soustraire, même si la peur et la honte étaient toujours présentes. Il se sentait envelopper de chaleur et c’était agréable, le chromatique fit redescendre son bras pour le remettre sur la carapace de l’autre, effaçant de nouveau les pensées qui parasitaient son esprit. Bruno semblait content de la proposition et cela réchauffa le cœur du chromatique, qui se dit que la plage serait la meilleure option, finalement. Il avait vraiment envie d’y aller, pour lui ce serait relaxant et pour l’autre ce serait intéressant. Le Jardin botanique l’était aussi, mais c’était le domaine du crème, la plage serait une ouverture sur d’autres horizons. Content de cette décision, le marron se laissa emporter par son enthousiasme, essayant de ne pas se retenir et de se limiter avec son homologue. C’était encore compliqué pour lui, mais il réussit néanmoins à prendre un ton de voix plus assuré et solide, tentant de ne pas bégayer au passage.

-‘ … Hum… va… va pour la plage, alors ! ‘ Il déglutit et décida finalement de regarder ailleurs, le visage et le corps de Bruno sur le sien le troublant trop. –‘ … C’est beau là-bas, tu verras. Si… si tu veux je te montrerais ptet comment faire du surf… si tu veux hein, bien sûr ! Euh. Ouais… Sinon juste rester coucher sur la plage c’est bien aussi… ‘

Il s’emmêlait les pinceaux un peu et oublia encore une fois la culture du crème : il ne savait probablement pas ce qu’était que le surf. Cogneur était trop perdu dans ses pensées pour s’en rendre compte, passant vite au sujet du collier. Il fut content de voir la curiosité dans le regard de Bruno et sourit faiblement, posant ensuite son regard sur le bijou. Ce qu’il représentait ? Le combattant ouvrit la bouche pour répondre à la question, mais visiblement son homologue ne voulait pas lui laisser le temps de le faire. Il ouvrit grand les yeux sur le coup, sentant de nouveau son corps s’électriser sous la marque d’affection. Un peu crispé dans les premières secondes, ce corps se détendit un peu ensuite et il ferma lentement les yeux, soufflant par le nez. Cogneur ne fit rien pour s’en défaire, comme dans un état second. Il ne faisait qu’apprécier la douceur du geste, son corps s’emballant légèrement de nouveau alors qu’il laissait sa langue recommencer son petit manège. Le combattant ne se rendait même pas compte que son amant était en train de bouger, ses baisers lui donnant l’impression d’être sous sédatif. Surpris de se sentir tirer vers l’avant, le colosse ne réagit pas trop sur le coup, ouvrant lentement les yeux. Puis il se laissa guider par l’autre et rompit le contact qui lui faisait tant de bien, s’étirant légèrement. Observant Bruno placer sa tête contre lui, le marron ne disait rien, oubliant momentanément que celui-ci lui avait posé une question. Ce fut après une longue minute de silence qu’il eut une illumination et manqua de se cogner le front avec sa paume de main, se traitant d’idiot à nouveau. Vite, dépêche de répondre avant de passer encore pour le dernier des débiles.

-‘ La, hum, plume qui est attachée au bout appartient à un de mes plus anciens amis. Il est mort il y a longtemps… Il était déjà dans l’équipe avant que je naisse, il était bien plus vieux que moi. Il est tombé malade et est parti très vite. C’est un peu grâce à lui si je suis aussi fort aujourd’hui et… il nous manque beaucoup. ‘ Le regard du Blindépique parut sombre quelques instants, celui-ci n’aimant pas vraiment penser à la perte d’Abîme. Il changea immédiatement de sujet avant qu’un malaise s’installe, posant avec douceur sa main sur la tête de Bruno pour la caresser. –‘ Ça a une grande valeur sentimentale et… je te le donne un peu comme une promesse… je… je reviendrais… pour toi. ‘

Il garda la bouche légèrement ouverte, hésitant alors qu’il retirait sa main de la tête de Bruno. Est-ce qu’il le faisait encore ? Était-ce bien raisonnable pour son cœur qui battait déjà à toute allure depuis presque une heure ? Il ne restait presque plus de temps, il devait en profiter. Cogneur pencha la tête et reprit le baiser où il l’avait coupé, son corps se crispant de nouveau. Allait-il pouvoir en profiter un jour sans cette réaction stupide ? Cela restait à voir. Encore le contact mou et chaud de la langue de l’autre… c’était difficile de s’en passer. Hésitant, le marron leva doucement les bras et se mit à caresser à son tour le torse de l’autre, incertain de la marche à suivre. Ce n’était pas bien compliqué, suffisait de faire glisser doucement ses paumes sur sa fourrure. Ne sachant pas trop quoi penser de cette caresse, il continua pour Bruno, l’esprit surtout occupé par le baiser. Son corps commençait à s’emballer de nouveau alors qu’il se penchait légèrement vers l’avant, respirant fortement entre deux baisers. Non non, ça n’allait pas recommencer, quand même ? Le marron ne pouvait pas se permettre cela. Ses mains descendirent légèrement pour caresser le ventre de son homologue et la montre dans sa carapace décida ce moment précis pour se mettre à sonner. Il fut presque content d’entendre le bip caractéristique, qui fut assez pour le faire décrocher complètement. Il arrêta le baiser et arrêta sa caresse, s’aidant de ses mains pour se relever rapidement. S’éloigner de lui un peu lui permettrait peut-être de se calmer et d’avoir moins chaud. Restant devant Bruno, Cogneur se gratta la tête d’un air gêné, évitant de le regarder de nouveau dans les yeux. Il devait se demander pourquoi il réagissait comme cela… mais que pouvait-il lui dire ? C’était honteux d’expliquer ses réactions. Joignant les mains, le Blindépique déglutit et remercia le ciel d’avoir de la fourrure sur le visage, sinon Bruno pourrait se rendre compte qu’il avait le visage en feu.

-‘…. Hum, Chayton risque d’arriver… bientôt. On serait peut-être mieux… de le garder… secret, tu crois pas ? Et euh… je suis… dé…désolé. Les… les baisers, les caresses, tout ca… ca me… ‘ Cogneur tenta plusieurs fois de le dire et décida finalement de se retourner, incapable de le faire avec Bruno en face de lui. –‘ Ca… joue avec … mes… mes… hormones, bon ! Voilà ! ‘ Il se mit à légèrement gratouiller le sol avec son pied, restant dos à son homologue. Il était stressé et ça devait se voir de très loin. Sa voix était légèrement tremblante lorsqu’il reprit la parole. –‘ C’est tout. Je… je suis sûr que tu prendras bien soin du collier. Tu… tu avais autre chose à… faire… ou dire… avant de partir ? ‘

_________________



Cogneur  *  RubisEl Santo  * Dent Tranchante * Alphonse * Storm
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Berndt Joachim
Soumise de Cogneur
avatar

Messages : 119
Date d'inscription : 07/08/2014

Equipe Pokémon
:

MessageSujet: Re: Les brioches, le retour. [Nounours Grincheux][Terminé]   Lun 22 Sep - 22:51



L'histoire du collier fut brièvement évoquée durant l'étreinte liant les deux Blindépiques. C'était une relique d'un ancien ami de Cogneur qui avait contribué à sa puissance. Un gentil oiseau en somme se disait Bruno. C'était d'autant plus touchant que le crème se sentait honoré de recevoir une chose aussi importante aux yeux de son amant. Pensant encore à la plume, l'égide sylvestre se demandait bien quel espèce son ancien porteur pouvait bien être. Au vu de la noirceur de la plume, c'était sûrement un de ces piafs à chapeau, mais peut être que la nuit jouait des tours à la vision du déserteur qui n'avait d'yeux que pour le gros marron qu'il serrait dans ses bras. Le simple fait que l'oiseau soit décédé lui rappelait aussi que son amant n'était plus tout jeune et qu'il avait déjà passé un bon bout de chemin sur cette terre. Un jour lointain, le chromatique rejoindrait aussi son ami en compagnie de la Terre Mère. Bruno ne voulait même pas savoir ce qu'il ferait ce jour la et détestait avoir à y penser. Cela faisait un si court moment qu'il connaissait celui qu'il enlaçait et pourtant il s'y était déjà attaché au point de projeter plusieurs années dans le futur... ce qui était logique pour un isolé social qui se faisait murmurer de mots si doux à l'oreille. Cogneur reviendrait pour lui. Cela lui faisait toujours aussi chaud au coeur de l'entendre. Il resserra un peu plus son étreinte et ne répondit rien. De toute façon, il n'avait pas l'occasion de répondre puisque sa bouche était à nouveau assaillie par celle de l'autre. Et il n'y avait pas que ça. Les mains puissantes et vigoureuses du chromatique venaient maintenant le masser, en vengeance des actes des mains de Bruno. C'était agréable. La chaleur, la sensation des poils qui changeaient brusquement d'orientation, la vigueur haranguant les muscles du gardien... Il profitait de chaque seconde, fermant les yeux pour mieux être à l'écoute de son sens du toucher. Tout allait bien, comme sur un petit nuage, l'égide sylvestre se sentait rejoindre le ciel même...

BIIIIBIIIIBIIIIIIIIP.
Et il se retrouva en plan, seul, immobile en tentant de comprendre ce qu'il venait de se passer. Avait-il rêvé ? La sonnerie avait coupé tous les contacts qu'il entretenait avec son amant et le bruit était caractéristique de la boîte à réveille matin de son dresseur. Qu'est ce qu'il haissait ce bruit. Bien qu'en stase dans sa ball, il l'entendait tous les jours. Il ouvrit les yeux... et remarqua qu'il était bien au jardin botanique. Un soupir de soulagement. Ce n'était pas un rêve. Ces courts moments de bonheur étaient réels et ses sentiments pour Cogneur l'étaient aussi. Il ne comprenait cependant pas pourquoi il l'avait laissé aussi brusquement. Mais les explications confuses virent rapidement. Le Kadabra. Il allait revenir. Bruno avait presque oublié l'existence de cette petite bestiole frappant les gens avec sa cuillère... et accessoirement les téléportant un peu partout. C'était dommage qu'il revienne si vite. Le crème commençait d'ailleurs à bouder légèrement que la soirée soit terminée. Il aurait aimé pouvoir passer plus de temps, voire tout le temps avec celui qu'il aimait mais devait se faire une raison : ça ne se passerait pas comme ça. En effet, son dresseur ne le laisserait jamais partir se disait-il. Et il était hors de question qu'il sache à propos de sa relation. De quoi aurait-il l'air ? Toute sa crédibilité, envolée. Il craignait que Joachim prenne en assurance face à lui s'il apprenait que le déserteur était capable de tels sentiments. Pire encore, il risquait même de lui faire un discours sur l'amour en prenant sa propre relation en exemple. La simple idée de copiner avec le barbu était inacceptable bien qu'il soit responsable de sa rencontre avec Cogneur, il n'en restait pas moins celui qui l'avait détourné de son peuple. Il fallait du temps pour cicatriser cette blessure et Bruno n'était pas prêt.

"Oui, il vaut mieux ne rien dire..."
La tendresse, jouer avec ses hormones ? C'était quoi cette langue de bois ? Pour quelqu'un de tellement courageux et franc, il avait vraiment du mal à être sincère avec ses propres sentiments. Bruno le regarda simplement et eut un rictus souriant de bienveillance.

"Te justifie pas ! Idiot va... J'en prendrais soin. Il représente beaucoup à mes yeux maintenant."
S'il voulait faire autre chose ? Il aurait beaucoup aimé le prendre dans ses bras une dernière fois. Cependant, il doutait que son amant n'apprécie au vu de la vitesse à laquelle il s'était enfui quand la montre a sonné. Il ne voulait vraiment pas que le psychiste mette son nez dans ses affaires sentimentales il fallait croire. Ce serait plus qu'incongru de voler cette caresse si Cogneur venait à la regretter après. Baissant doucement les yeux et la tête, Bruno fit un signe négatif de la tête en soupirant.

"M'oublie pas ! Dans deux jours ou je viens te mettre une deuxième défaite !" dit-il finalement, attendant que le rayon de la ball ne le renvoie dans son propre univers.

_________________





Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bahia/Oliver
Handicapée malchanceuse
avatar

Messages : 186
Date d'inscription : 07/08/2014

Equipe Pokémon
:

MessageSujet: Re: Les brioches, le retour. [Nounours Grincheux][Terminé]   Mar 23 Sep - 21:10

Bruno ne semblait pas comprendre où il voulait en venir. Tant mieux, au final. Cogneur se sentait beaucoup trop gêné pour l’expliquer, surtout devant quelqu’un qui n’avait visiblement aucune idée de ce que pouvait être la vie sexuelle. Eh bien, au moins il promettait de bien s’occuper de la plume, il n’en attendait pas moins de lui. Le crème parla de nouveau, faisant sortir le marron de ses pensées. Une deuxième défaite ? Le combattant faillit se fâcher sur le coup, ayant envie de lui répliquer qu’il n’avait pas gagné, loin de là. Seulement il s’arrêta avant et se reprit, conscient que c’était une blague et qu’il serait idiot de sa part de lui en vouloir là-dessus. Comme quoi les sentiments qu’il avait pour lui le retenaient de dire des idioties, ayant trop peur de lui faire de la peine. Aargh. Cogneur avait du mal à se reconnaitre, cette situation tournait au ridicule. Qu’il le veuille ou non, le chromatique se sentait prisonnier et ne savait pas s’il avait envie de s’enfuir ou de rester tranquillement assis dans sa cage dorée. C’était agréable de recevoir un amour de ce genre, il avait l’impression que Bruno le mettait sur un trône. Sauf que cela restait contraire à ce qu’il avait l’habitude de vivre. Jouant avec la Pokéball qu’il avait dans les mains, le chromatique posa son regard sur le crème, qui attendait visiblement d’être ramené à l’intérieur. Cogneur se sentait mal de le retourner dans cette prison, hésitant pendant quelques secondes à l’écraser entre ses doigts. Non, ce ne serait pas suffisait et cela détruirait le secret. Poussant un soupir, le marron se mit à regarder rapidement autour, vérifiant que Chayton n’était pas encore là. Juste… une petite seconde de plus.

-' Promis... je ne t'oublierais pas. '

Le Blindépique fit quelques pas rapides, manquant de lui rentrer dedans. Un simple baiser d’au revoir, son cœur se remettant à battre rapidement alors qu’il goûtait les lèvres de Bruno une dernière fois. La seconde après, il avait disparu. Déglutissant avec difficulté, le Pokémon regardant la ball contenant celui qui l’aimait, ayant presque envie de la lancer le plus loin possible. Son esprit se battait contre lui-même depuis tout à l’heure, incapable de prendre une décision éclairée. Cogneur resta debout, observant la ball sans rien dire, laissant faire le combat intérieur qui faisait rage. Le Kadabra apparut après quelques minutes, juste devant lui. Sursautant de surprise, le chromatique tenta de faire comme si de rien n’était, tendant la ball en lui demandant de le ramener à la maison. Le psychiste hocha la tête et le téléporta rapidement au campement, pour ensuite se téléporter là où se trouvait Joachim, se dépêchant d’échanger les balls pendant qu’il dormait. Ni vu, ni connu.

Observant le campement autour de lui, Cogneur se sentait… vidé d’énergie. Marchant d’un pas incertain, il alla glisser sa tête dans la tente de Bahia, vérifiant que celle-ci dormait encore. Rien de nouveau à signaler, elle semblait dormir profondément. Le chromatique hésita quelque seconde avant de faire sortir l’une de ses lianes, celle-ci s’étirant pour attraper son lecteur de musique et la bouteille de tequila qui trainait de son côté de tente. Après une autre seconde d’hésitation, il renvoya sa liane en éclaireur, celle-ci attrapant sa boite à cigare, cachée sous d’autres objets. Le marron s’éloigna ensuite de l’endroit, ne remarquant pas que la rousse avait ouvert les yeux juste après. Le Blindépique posa ses fesses dans l’herbe, prenant un briquet pour remettre le feu aux bûches. Il posa les écouteurs sur ses oreilles, déboucha la bouteille d’alcool et sortit un cigare, s’appuyant le dos contre un arbre. Poussant un long soupir, il démarra la musique et se laissa bercer par l’une de ses chansons préférées, qui semblait avoir plus de sens pour lui à présent.

I don't wanna miss a thing

Et hop, une gorgée de tequila et il allumait son cigare, expirant la fumée au-dessus de lui. L’humain avait vraiment trop d’influence sur lui, il commençait juste à s’en rendre compte. Probablement que le fait d’avoir Bruno tout près l’aidait à voir cette réalité. Bruno. Le Blindépique serra les dents, ayant la drôle envie de pleurer. Il se sentait… perdu. Jamais dans sa vie il n’avait été confronté à une telle situation, cela lui faisait peur. Qu’allaient donc dire les autres s’ils l’apprenaient ? Ils ne devaient pas l’apprendre, point. Son cerveau roulait à plein régime et Cogneur en avait assez d’être confronté ainsi à ses sentiments, se remettant à boire le liquide chaud et fort. Il allait picoler toute la nuit s’il le fallait, il s’en fichait. Il voulait juste un peu de paix dans sa tête. Se laissant aller, le marron soupira doucement, fermant les yeux. Quoi qu’il en dise, il aimait ce sentiment. Il aimait Bruno.

Deux jours.

Deux jours et son cœur s’emballerait de nouveau.

Spoiler:
 

_________________



Cogneur  *  RubisEl Santo  * Dent Tranchante * Alphonse * Storm
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Les brioches, le retour. [Nounours Grincheux][Terminé]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Les brioches, le retour. [Nounours Grincheux][Terminé]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 3 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3
 Sujets similaires
-
» [REQUETE] Activer le retour clavier sur HTC HD2
» [AIDE] HD2 et retour sav
» [RESOLU] Echange + retour SAV Orange
» [RESOLU] Restauration ROM Officielle et retour SAV
» Echanges "aller-retour"

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Pokémon Aube Saison 2 : Version Zénith :: Maïlys - Zones Naturelles :: La Forêt Dense-
Sauter vers: